Le Beckett Bridge, par Tim Whelan (Flickr)

Ceux d’entre vous qui suivent mes élucubrations twittesques le savent déjà : une de mes nouvelles a reçu le prix Alain le Bussy à la convention de SF de ce weekend. J’en suis très touché, et pour plusieurs raisons. 

Le prix Infini-Galaxies a changé de nom suite au décès l’année dernière de celui qu’on surnommait « l’homme qui écrit plus vite que son ombre ». C’est quelqu’un que je n’ai malheureusement jamais rencontré, mais que j’ai l’impression de connaître tellement il était présent dans les conversations et les émotions. La très belle statuette que j’ai reçue des mains de son créateur Didier Cottier sera pour toujours un encouragement à écrire mieux et à rêver plus fort.

Les octets de ma vie est la première nouvelle que j’écris depuis 2006. Apprendre que mon texte avait remporté le prix m’a motivé à perséverer dans ce format (je suis au courant depuis juin – ça n’a pas été facile de garder ma langue). C’est un texte de SF comme je n’en avais jamais produit jusqu’alors. Ca faisait des années que je prenais des notes taggées ‘cyber’ en lisant l’actualité ou les blogs technologiques et toute cette culture s’est déversée d’elle-même dans mon clavier. J’ai aussi découvert que la social SF/propective/post-cyberpunk/whatchacallit était un genre qui m’éclatait et j’ai pu explorer ces thèmes dans d’autres textes – dont l’un paraîtra d’ailleurs dans Horizons Fantastiques – et réfléchir à des projets de plus grande envergure.

C’était aussi la première fois que j’écrivais in situ. J’ai pris le parti de situer l’action de la majorité de mes nouvelles à Dublin ou en Irlande – à la fois par facilité et pour l’exotisme relatif que ça confère à mes textes – et ce jour-là je suis aller m’asseoir près du Beckett Bridge pour rédiger la scène qui s’y déroule. Merci donc à ma ville d’adoption de me fournir tant d’inspiration. Des remerciements, j’en dois aussi une pelletée à Eric Blaise, Cédric Ferrand, Sébastien Latour, Mahyar Shakeri et Fredric Toutain. En dépit de délais plus que serrés, ces messieurs ont accepté de me relire et de me prodiguer leurs conseils. Sans eux, le texte n’aurait peut-être pas retenu l’attention du jury.

Les curieux pourront lire Les octets de ma vie dans le numéro 14 de Galaxies, qui paraîtra en octobre. La revue est disponible dans les bonnes librairies et peut aussi se commander en ligne.

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24 Replies to “Une nouvelle primée

  1. Salut Eric ! Félicitations pour ta nouvelle, je vois que tu pratiques comme moi, tu as des amis correcteurs pour le fignolage, voir plus d’ailleurs parfois quand l’histoire a des soucis..! je te lirai dans galaxies.
    as-tu des envies ou projets précis de romans ? petit à petit, cela prend forme pour moi, mes correcteurs m’ayant interdit tout roman avant d’avoir écrit 100 nouvelles… je suis pas loin des 99 ! je vais commencer dans l’ordre, j’ai commencé un roman préhistorique, complète réécriture des ouvrages de Rosny Aîné, passionnant !
    à l’année prochaine peut-être. gulzar
    P.S. : avant en fait, je lance un fanzine dès la semaine prochaine ! je reviendrai vers toit pour ce petit mais sympathique projet.

  2. Mercimercimerci à tous! C’est chouette en effet de trouver un peu de reconnaissance – à mon humble niveau – dans le milieu ‘sérieux’ de la littérature de genre.

    Gulzar, j’ai commencé par écrire des romans en fait. Je ne désespère pas de leur trouver une maison, mais je me suis dit que quelques nouvelles publiées mettraient mon nom sur la carte, comme on dit en anglais. (Désolé Cédric)

    Pas de souci pour ton fanzine – mon email est sur le blog et j’ai des textes dans les tiroirs.

  3. Excellentissime et amplement mérité !
    Félicitations ciselées et tout et tout !
    J’ai hâte de recevoir la nouvelle en question (commande effectuée) !
    Bises
    Chris²

  4. Avec un peu de retard je me joins au concert de louanges.
    allez hop, distribution gratuite de felicitation. Cela prouve, une fois de plus, que le travail paie.

  5. ça date un peu comme post mais je cherchais un sujet pour parler de ta nouvelle que je viens de lire dans Galaxie. Déjà, félicitation pour le prix, ça doit faire super plaisir !

    J’ai fortement appréciée ta nouvelle qui m’a rappelé que je n’avait pas lu du cyberpunk depuis longtemps, et que finalement, les geek de notre époque, avec notre langage, nos références, eh bien nous sommes un peu les nouveaux cyberpunk.
    Bravo pour la recherche d’écriture, le vocabulaire, les références… je me suis bien marrée à décoder tout ça, même si j’ai séché sur « b1gf4fn!r » (je pensais que c’était du leet speak mais la trad auto ne donne rien).
    Petit bémol juste sur la chute que je n’ai pas comprise (mais ça, c’est souvent le problème des nouvelles). Peut être pourrait on en parler par mail ou sur FB pour pas spoiler ici ?

  6. Hello Lael et merci pour tes compliments. Ils me vont droit au coeur comme une fléchette en céramique à guidage infrarouge.

    Ca fait des années que le cyberpunk nous rattrape insidieusement, un entrefilet de news à la fois. Mais tu as raison, et je n’avais jamais fait le rapprochement : les cyberpunks d’aujourd’hui, c’est Anonymous et LulzSec, mais c’est aussi le geek de base avec leurs apps bricolées sous Android, leurs iPads et leurs tweets permanents.

    b1gf4fn!r, c’est du leetspeak bricolé pour dire Big Fafnir (le dragon de la légende des Niebelungen – ne me demande pas comment ça m’est venu, je plaide l’intoxication à la caféine)

    Pas de souci pour discuter de la fin. Mon email est sur la page L’auteur ou sur mon profil Google. Ne m’en veux pas si je mets un peu de temps à répondre, j’ai plein de taf en retard et je devrais même pas être là ;)

    *Pouf!* disparaît dans les profondeurs du content writing à la noix.

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