Les livres-jeux ont le vent en poupe. Fighting Fantasy (les Défis Fantastiques, vous vous souvenez ?) a 30 ans et toute la presse britannique se fait l’écho de la sortie d’un nouvel opus de Ian Livingstone (oh, des zombies, quelle surprise). Les rééditions françaises de Loup Solitaire (vous vous souvenez ?) se multiplient chez le Grimoire. Aujourd’hui, les éditions Céléphaïs — qui publient entre autres la revue Héros, justement consacrée à la littérature interactive) — annoncent le lancement d’une souscription* pour un livre dont tu es l’héroïne.

Quoi de plus normal à une époque où le temps de lecture se fragmente et se fragilise ? Maintenant que la technologie nous donne accès à du contenu amélioré, il n’est pas surprenant que les éditeurs plus ou moins professionnels se lancent dans la publication d’ebooks dont vous êtes le héros et autres apps de lecture interactive. J’ai commencé (mais vite abandonné pour des raisons techniques) la Bibliothèque Infernale parue il y a quelques mois chez Walrus, et j’ai téléchargé quelques trucs pas très bons sur mon téléphone. J’attends que les susnommés de Fighting Fantasy s’intéressent à Android pour dépenser mon argent de poche dans les adaptations de Tin Man Games. (Tiens, ces gens ont aussi pensé à vendre des LdvêlH aux adolescentes).

Même les illustrateurs des livres de notre jeunesse profitent de ce renouveau – ils reviennent sur le devant de la scène gamer-geek. Gary Chalk (Loup Solitaire, vous vous souvenez ?) réalise en ce moment les visuels du jeu de rôles Wastburg de Cédric Ferrabd et Russ Nicholson (Le sorcier de la montagne de feu, vous vous souvenez ?) a travaillé sur la VF du jeu de rôles Dungeon World. Un jeu lui aussi en appel de fonds, d’ailleurs. Il ne reste qu’une semaine et il manque des sous, allez donc jeter un oeil — c’est novateur tout en restant familier.

Pour en revenir au sujet de cet article, qui n’est pas « je ramène ma science » quoi qu’il paraisse, je trouve la démarche de Céléphaïs très intéressante. Alors que le média a toujours été axé vers les adolescents sans E, viser les jeunes filles est une stratégie couillue susceptible de payer. Avec le thème très urban fantasy du premier livre, quelque chose me dit qu’il sera surtout lu par les geekettes trentenaires fans de bit-lit, mais on sait jamais. Peut-être que le renouveau de la littérature et la sauvegarde de l’orthographe commencent par là ?

* Quand je dis souscription, j’entends crowdfounding, avec les options configurables qui vont avec.