Si comme moi vous vous servez de Twitter pour échanger avec des étranger et découvrir du contenu intéressant, vous êtes familier des hashtags. Pour les autres, il s’agit de mots-clés, précédés du symbole # (hash en anglais, donc) qui permettent de filtrer une conversation dans le titanesque brouhaha qu’est Twitter. L’exemple que je vous donnerai est celui qui motive l’écriture de ce post : #amwriting. Il est destiné aux écrivains, blogueurs, journalistes et autres poètes du dimanche. L’idée est simple : mettre les gens en contact pendant leurs temps d’écriture. Une bonne idée à la base, non ?

J’éprouve des sentiments très contradictoires envers ce fil. Je suis souvent tenté de ne plus y mettre les pieds, mais j’y reviens toujours. Plutôt que de poster un long coup de gueule sans queue ni tête – ni intérêt, probablement – je me propose de lister les bons et les mauvais points de #amwriting. Comme ça, vous pourrez décider en connaissance de cause si ça vous tente.

D’accord, c’est un mensonge. Cet article est plus pour moi que pour vous. J’ai besoin de m’accorder sur ce que je pense de cet outil. Et si ça vous pose un problème, vous savez où cliquer pour être débarrassé de moi. (Je vous avais prévenus : je suis d’humeur coup de gueule aujourd’hui.)

Points WIN

  1. C’est agréable de lire des nouvelles de ses pairs apprentis écrivains – qui bloque, qui dépote du signe, qui écrit des histoires de dragons hermaphrodites vivant dans un XIXeme siècle uchronique.
  2. On découvre des gens qu’on a envie de suivre, qui ont des blogs intéressants, à l’instar de celui de Livia Blackburne, que je recommande chaudement.
  3. On est abreuvé de liens sur le métier. Certains bons, certains moins bons, tous chronophages.
  4. On peut se lâcher en racontant sa vie (comme d’hab sur Twitter), mais en sachant qu’on s’adresse en plus à des gens qui nous comprennent.
  5. L’audience et le reach sont démultipliés : c’est pratique quand on a des questions à poser.

Points FAIL

  1. Le spam. Une conséquence du point WIN numéro 5 : les vautours qui abusent du hashtag pour poster des liens vers leurs propres blogs, voire leur page Facebook. Si vous êtes un routard de Twitter, vous aurez vite fait de leur filtrer leur gueule, à ces fils de gnomes unijambistes.
  2. C’est de la procrastination spécialement conçue pour sa cible. Je peux m’interdire de traîner sur Facebook parce que je sais que je vais y perdre mon temps, mais #amwriting, c’est du business, alors je vais y passer cinq minutes. Et puis je clique sur un lien, qui m’emmène vers un autre. Et deux heures plus tard je suis sur Youtube à m’informer sur les capacités vocales de Jefferson, le chat qui miaule des chansons de Lady Gaga. (Ne cherchez pas, j’ai inventé cet exemple. Ceci dit, je suis persuadé qu’il existe bien un chat qui chante du Lady Gaga sur Youtube.)
  3. A vue de nez, 60% de la population de #amwriting est composé de ménagères du Midwest qui rêvent tout haut de devenir la prochaine Stephenie Meyer. Ça limite un peu la variété des conversations.

Voilà. J’espère que ça vous aidera à décider si vous avez suffisamment de temps à perdre pour participer à #amwriting. Moi, j’en suis au même point. Facepalm.

A noter l’existence d’autres fils dédiés aux scribouilleux. Le plus intéressant est #writechat qui est une conversation tenue le dimanche soir pendant trois heures. Ce qui limite la pollution par les marketeux sans vergogne du point FAIL numéro 1. Si vous cliquez le lien maintenant (en partant du postulat que nous ne sommes pas dimanche soir), vous verrez qu’ils ne se gênent pas pour autant. Les empaffés de suceurs de pots d’échappement, qu’ils aillent repeindre leurs autogiraffes de mères.