Shark, par Ed Schipul sur Flickr

Sophie a arrêté de bloguer. Blogueuse lectrice méconnue, elle a reçu il y a quelques jours une lettre de TheBookEdition via la plateforme qui héberge son blog. L’objet, une critique qu’elle avait postée au sujet de La maison de l’ombre, d’Armelle Carbonel, reprochant à l’ouvrage l’absence de éditorial (suivi sur l’histoire, corrections, etc.) Après le saut, je vous en livre un extrait trouvé sur La culture se partage, via le post d’Alias.

Dans l’ensemble de son article, ce bloggeur utilise un de nos auteurs pour venir mettre à mal notre entreprise et notre marque, cela en laissant entendre que nous sommes une entreprise dont la qualité et la mission laisse à désirer. Pour info, notre entreprise est le leader […], nous comptons 20 000 auteurs, je pense que notre qualité et notre réputation n’est plus à faire. Nous ne sommes pas un éditeur à succès, nous laissons la chance aux auteurs inconnus ! Je trouve donc inadmissible qu’un bloggeur totalement inconnu, n’ayant aucunes qualifications ou reconnaissance du métier puisse à ce point venir critiquer de la sorte notre marque. Merci de faire le nécessaire.

Sophie choisit d’éviter les prolèmes et retire l’article. Quelques jours plus tard, dégoutée, elle décide de mettre son blog en pause pour une durée indéterminée. Depuis, c’est la levée de boucliers sur la blogosphère des amateurs de livres. Et avec raison. Mais ce que tout le monde dénonce comme une censure imposée par un éditeur, je le vois autrement : c’est de l’intimidation de la part d’un requin.

TheBookEdition n’a rien d’un éditeur. Un éditeur s’engage derrière ses publications. Il accepte que les critiques ne seront pas toutes bonnes. Un squale de l’Internet, lui, voit toute mauvaise publicité comme un risque pour son sacrosaint chiffre d’affaires. Il ne se prive donc pas de se plaindre quand on « critique sa marque ». En fait, TheBookEdition est un imprimeur : la société Reprocolor, de Lille. Le but du site est de vendre des livres imprimés à la demande et de prendre une commission au passage. C’est un service d’auto-édition, ou de vanity publishing, comme on dit avec plus de poésie en anglais.

J’ai un message pour TheBookEdition : va te faire fuck off.*

Alors je n’ai absolument rien à dire sur la qualité des livres que tu imprimes, ni sur le service que tu fournis – je suis certain que beaucoup de gens s’en trouvent satisfaits. Je ne porterai pas de jugement sur le fait que tu déguises ton business en te faisant passer pour un éditeur (mais « pas un éditeur à succès » hein, avec ton CA de plus de six millions et demi d’euros l’année dernière). Ce qui me dégoûte, c’est ton attitude de gros bras de cour de récré. Non seulement tu intimides tes clients – oui, Sophie est ta cliente, elle a le droit de s’exprimer sur son achat – mais tu prouves qu’elle a raison en retirant le livre de la vente. Ce qui, à mon sens, n’a pas du plaire à son auteure. Mais a-t-elle seulement eu le choix ?**

En guise de conclusion, je recommanderai à tous les auteurs amateurs de préférer un autre portail à TheBookEdition pour vendre leurs oeuvres. Quelqu’un qui ne gâchera pas votre réputation en tuant les blogs qui n’ont pas aimé votre dernière parution.

*Moi aussi je peux mélanger les langues n’importe comment pour faire genre je suis international.

**J’ai contacté Armelle Carbonel via sa page Facebook. Si j’ai une réponse, je mettrai le post à jour.

Mise à jour 6 septembre : Armelle Carbonel a brièvement répondu à ma question pour me promettre une réaction dans quelques jours. En attendant, elle dit avoir retiré elle-même le livre du catalogue the TheBookEdition. Je posterai à nouveau quand j’en saurai plus.

Dans un commentaire ci-dessous, Sophie explique qu’elle a eu un échange de mails avec Armelle Carbonel.

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53 Replies to “TheBookEdition étouffe les blogs

  1. Très bon billet, j’approuve!

    Je trouve aussi un chouïa minable l’attitude d’Overblog, qui s’aplatit à la première menace vaguement sérieuse et qui ne cherche même pas à vérifier les allégations du plaignant.

    • Merci =)

      Vu la citation du message d’OB, je pense qu’ils ont fait suivre sans regarder. J’imagine qu’ils doivent recevoir des plaintes comme ça par tombereaux entiers. Torgan nous dira peut-être s’il passe dans le coin.

  2. Certains « vrais » éditeurs ne font déjà pas toujours leur boulot de lecture/correction/relecture, alors qu’attendre de ce genre d’escroc ? (complètement mégalo en plus !!)

    • Escroc, j’irai pas jusque là. C’est un service d’impression à la demande – très survendu, soit – mais ça répond à un vrai besoin et les tarifs ont l’air raisonnables. Quant au travail éditorial, c’est vrai que c’est devenu rare de nos jours.

  3. Merci pour cette contribution Eric.
    Je tiens à préciser que l’auteure m’a adressé un mail au lendemain de mon article, un mail privé dont je ne peux donc pas divulguer le contenu, et qu’elle n’a à aucun moment rendu public. je l’ai bien sûr sauvegardé, ainsi que la réponse que je lui ai faite, privée également.
    L’ « éditeur », lui, ne m’a jamais contactée directement, il est uniquement passé par la plateforme d’overblog, dans le message dont vous avez eu connaissance.Et je n’ai quant à moi adressé aucun courrier, ni à l' »éditeur », ni à la plateforme.
    je tenais à mettre en lumière ces informations.
    bien cordialement, Sophie.

    • Merci d’être passée pour apporter ces précisions. Le fait que l’auteure ait fait la démarche de vous contacter est tout à son honneur. J’espère en tout cas que cet épisode ne vous découragera pas définitivement du blog. Si vous revenez, j’en profite pour vous communiquer ce lien, partagé hier par Alias (encore lui) : http://www.suumitsu.eu/2012/09/manuel-a-lusage-des-blogueurs/

  4. Bonjour,
    pour ceux qui ne savent pas lire : Thebookedition, c’est un imprimeur, pas un éditeur. Même la BnF imprime chez eux. Comme dans l’auberge espagnole, on n’y trouve que ce que l’on y apporte. Du bon, du très bon, du mauvais, du bon qui devrait être corrigé… Quand vous lisez « Nous sommes une société web qui permet technologiquement d’éditer, de publier et de distribuer des livres à la demande. », vous comprenez qu’ils revendiquent leur statut d’éditeur, vous ? Je comprends plutôt que le site donne à tous les outils pour s’auto-éditer et comprendre comment ça marche. c’est l’avenir de l’édition, la liberté et l’autonomie. Alors au lieu de suivre le joueur de pipeau, sortez vos tapuscrits du tiroir et essayez. Si vous voulez corriger des fautes, proposez vos services sur le site, si vous voulez vous lancer comme micro-éditeur, faites-le, ça ne coûte rien. Alors l’arnaque, elle est plutôt de persister à chercher du buzz autour d’une marque commerciale qui n’a rien demandé. Et si vous voulez voir un livre avant d’en parler,demandez la version e-book à l’auteur, qui jugera s’il a envie de vous l’envoyer gratis. Par contre, se faire envoyer gratuitement le scan ou le PDF du livre d’Armelle Carbonel sous prétexte d’aider à le descendre un peu plus, ça, c’est purement illégal…

    • Tu as raison de dire que TheBookEdition n’est pas un éditeur. Cependant, j’ai l’impression qu’ils cultivent l’ambiguité sur leur site. Le simple fait qu’ils aient un « catalogue » divisé en « collections » est troublant.

      Je ne critique aucunement leur service, qui semble honnête, et qui répond très certainement à une demande des consommateurs et, dans une certaine mesure, à un besoin du monde littéraire d’aujourd’hui.

      Par contre, je ne vois pas ce que tu veux dire à propos de scans du livre d’Armelle Carbonel. Qui ici a parlé de le pirater, ou de vouloir le descendre ?

    • TheBookEdition n’est pas un éditeur et n’a jamais prétendu l’être. C’est un site de e-commerce qui a deux activités parallèles
      1. imprimeur à la demande,
      2. vente de livres en ligne.

      Du coup, il favorise l’autoédition, car il permet aux auteurs d’éditer, c’est à dire d’imprimer et de vendre. Thebook edition ont un catalogue comme tout libraire en ligne.

  5. C’est sur le dernier post du site de Sophie : « Je l’enverrai une seule fois, ensuite à chaque destinataire de se charger de l’envoi suivant…et de donner son avis, comme je l’ai fait, en toute sincérité. » Pour moi, diffuser ainsi un livre qui était en vente (l’auteur l’a retiré) n’est pas légal. C’est attenter aux droits d’auteur. Et l’on devine ce qu’il en sortira. Pourquoi lyncher Armelle Carbonel précisément ? C’était sans doute un de ses premiers livres. Je sais qu’aujourd’hui son dernier est en cours d’adaptation à la télévision. On ne peut donc pas dire qu’elle ne vaut rien. Ni que l’auto-édition ne mène à rien, d’ailleurs…

  6. Monsieur Westside, vous ne connaissez manifestement pas une des coutumes des blogs de littérature, qui est d’envoyer entre blogueurs des « livres voyageurs », qu’ils soient ou non encore en vente….et cela n’a absolument rien d’illégal. Quand donc cesseront ces menaces et ces intimidations? ce livre voyagera et sera commenté(ou non, selon l’envie du chroniqueur), parce que de nombreux blogueurs me l’ont demandé, tout simplement.

    • Nous sommes très nombreux à ne pas connaître la coutume d’envoyer le livre à d’autres blogueurs. J’en fait partie. Et pour nous ignorants les us et coutumes des blogueurs, votre message Sophie était quelque peu mal compris. Apparemment je n’étais pas la seule, je vois que WESTSIDE avait compris la même chose que moi…… Je suis désolée de cette erreur d’interprétation, je vous prie de bien vouloir m’excuser et je retire mes propos soit disant diffamatoires. Pour moi le sujet est clos.

  7. Westside, je pense que quand Sophie parle d’envoyer le livre à d’autres blogueurs, il s’agit d’un envoi postal. Du livre en papier. Celui qu’elle a payé avec ses sous.

    Je ne pense pas qu’il s’agisse là d’une manœuvre illégale, même si le livre n’est plus en vente.

    Et, à part Sophie, personne ici n’a critiqué les livres d’Armelle Carbonel, pour la bonne raison que nous n’en avons lu aucun. Il n’est pas question de la lyncher, ni elle ni aucun auteur auto-édité.

    L’explosion du numérique a prouvé que l’auto-édition pouvait s’avérer viable, et il faut s’appeler Antoine Gallimard pour nier que la littérature dans son ensemble va très bientôt pouvoir se passer des éditeurs qui ne veulent pas voir la réalité en face.

  8. Oh que j’aime votre article qui dit bien les choses comme elles sont, sans langue de bois ! Par contre, pas persuadée du tout que les choses s’améliorent au fil du temps…

    • Merci Liliba !

      Si les éditeurs se muent en marques commerciales prêtes à tout pour défendre leur image, c’est pas gagné en effet…

  9. Bonjour à vous,
    pour le fin de mot de cette histoire : les éditeurs de blogs reçoivent le plus souvent directement les notifications, sans même qu’elles aient transité par Overblog, c’est à dire moi (je reçois toutes les notifications adressées directement à Overblog).
    En l’ocurrence, lorsque je fais suivre une notification qui nous a été adressée à l’éditeur du blog, je prends le temps d’avertir l’éditeur du blog qu’il est totalement libre de se conformer ou non à la notification, que c’est son seul choix qui aboutira à la suppression du contenu visé ou non, à la condition toutefois qu’il assume sa décision. Mais donc cela pour dire que non, nous n’avons pas ordonné à un éditeur de blog de supprimer cet article !

    Overblog, et moi-même, serons toujours derrière un éditeur de blog sérieux qui décide de défendre ses propos.

    Nicolas Poirier – Directeur Juridique Ebuzzing
    (Overblog Nomao Beezik Ebuzzing)

  10. Bonjour,
    Tout le monde sait que Thebookedition n’est pas un éditeur, mais un imprimeur avec vitrine sur le net. De plus, l’auteur en question, Armelle Carbonel, est une personne très polémique et très appréciée par ce site. Je pense donc qu’elle n’est pas innocente à tout ce tapage !

    • J’ajouterai que tout est bon pour cette auteure pour faire vendre ses livres… en passant par le mensonge pour finir par se montrer en maillot de bain sur de sites sociaux !!

    • Ça c’est de la dévotion ! Mais moi aussi je serais prêt à montrer de la peau pour vendre plus de livres – je l’ai d’ailleurs déjà fait ;)

    • Est-ce que nous ne sommes pas tous un peu des prostitués, nous qui voulons vivre de nos oeuvres ?

  11. Dites aux juste qu’il est heureux, car il mangera le fruit de ses oeuvres. Malheur au méchant! mal lui arrivera, car ce que ses main ont fait lui sera rendu.

    • Ainsi soit-il.

      *Fait comme à l’église et joint les mains sans chercher à comprendre*

      ;p

  12. Bonjour

    Nous avons le même problème dans le vin.
    Des amateurs éclairés à leur propre lanterne. Suffisamment mégalos pour se targuer de pouvoir dans un blog se définir comme dégustateur de vins. Et commencer à publier des avis totalement subjectifs, mais présentés comme totalement objectifs. Des écrits définitifs sur la qualité d’un vin ou les compétences de tel ou tel caviste. L’un de ces blogueur est même allé jusqu’à demander l’interdiction d’une publicité (oubliant que L’ex URSS (!) c’est au fond l’Europe, à droite), auprès d’un vigneron jugeant cette dernière comme méprisante pour tous les vignerons. Le concerné ayant répondu au blogueur masqué que cette pub parlait de lui, et qu’il la trouvait amusante et non pas méprisante.
    Le problème, c’est qu’une critique mal écrite, par un individu moyen, aura sur le Web des allures d’avis autorisé. Alors que globalement, 87% (j’ai les chiffres) des gens qui ont un Blog, sont des frustrés, des incapables de s’épanouir sans se mettre en avant, et qui pensent qu’une autre vie les attend quelque part.
    En tapant Blogueur, l’ordinateur insiste pour corriger en Blagueur… C’est dire !

    • Eh, mais tu sais ce qu’ils te disent, les blagueurs ? ;p

      Je comprends ta frustration. Mais le problème de l’internet, c’est que c’est un véhicule de la liberté d’expression. Donc pas vraiment un problème en soi.

    • Je suis pas frustré
      Pourquoi je serai frustré ?
      Qui est frustré ?
      Y a des frustrés dans la salle ?
      Que les frustrés lèvent le doigt !
      Salauds de frustrés !
      Je plains les sorties d’écoles avec tous ces blogueurs frustrés.

    • Les blogueurs sont bien trop occupés avec leurs ordinateurs pour se préoccuper des petits nenfants =)

  13. Où est donc passé votre flegme ?

    Detendez-vous un petit peu avant de hurler au blasphème.

    Reprenons les choses depuis le début.

    Suite à un commentaire un brin acide de cette chère Sophie, le site « thebookedition » s’est occtroyé, dans son bon droit (là, j’en appelle à la liberté d’expression), une réponse à la hauteur du commentaire.

    Comment defendre l’une pour s’être exprimé et condamner l’un pour les même raisons?

    De plus, au même titre que les propos de Sophie, la réponse n’engage pas thebookedition (malgrès la tournure de phrase) mais celui qui s’est exprimé.

    Il ne sert à RIEN de polemiquer sur le sujet. Un blog n’est pas une entreprise. Le fait que Sophie ait cloturé son blog ne la met pas au chomage. Si thebookedition, suite au commentaire de Sophie, avait dû fermer, demandez vous combien de gens cela pénaliserai.

    Je ne peu que vous demander de bien vouloir peser vos mots. Comme vous l’avez remarqué, ils peuvent être très violents, même s’ils n’en n’ont pas l’air.

    Vous souhaitant un bon appetit.
    Cordialement,

    Alexandre.

    • Pas d’inquiétude, Alexandre : trois mois après « l’affaire », je suis plus phlegmatique et détendu que jamais =)

      Si la réponse de laquelle vous parlez est le mail dont j’ai publié l’extrait, je ne la mettrais pas au même rang que le post de Sophie. Celui-ci était un avis de lecture sur le roman incriminé, tandis que la réponse de TBE était une plainte à l’hébergeur. S’ils avaient voulu répondre directement, ils se seraient contentés de poster dans les commentaires – ou à la limité de demander un droit de réponse comme ils l’ont fait par la suite ici et sur d’autres blogs.

      Et je reconnais que ma réaction a été quelque peu sanguine. Mais bon, on voit pire sur Internet.

  14. Bonjour à tous,

    Je me permets d’écrire à mon tour, car je suis frappé des polémiques sans fin que l’on peut lire sur les forums, concernant les déviances d’un système que l’on voudrait parfait.
    Nous savons, à observer chaque jour les méfaits d’un système qui sur l’autel de la sacro-sainte rentabilité, sacrifie bien des principes moraux et sociaux, que le monde dans lequel nous vivons n’est plus à la gloire des mécènes et des philanthropes. Que la culture malheureusement n’est plus le but ultime de l’élévation de l’homme à travers ses esprits créateurs.
    Est-ce pour autant que nous devons renoncer? Certainement pas. Car la seule chose qui sauve encore la culture est le talent. C’est la seule voie (ou voix) qui permet même au niveau des plus humbles à faire avancer un tant soit peu les choses.
    Créer c’est être libre, mais pour être libre il faut en payer le prix, le prix qui convient. Rappelez-vous Victor Hugo à ses débuts, a dû s’autoéditer et Van Gogh de son vivant n’a vendu aucun de ses tableaux. Dire que la création est un sacerdoce? Peut-être. Mais si une vie peut servir à quelque chose n’est-ce pas là une façon de se dire que l’on a osé même à contre-courant?
    Pour ma part, je ne crée pas pour gagner de l’argent, mais tout simplement parce que j’aurais du mal à vivre sans. Et de considérer pour autant que j’ai du talent serait bien présomptueux.

  15. C’est un peu court jeune homme. J’espérais mieux. Tant pis. Bonne chance à toi quand même.

  16. Tu m’as pris un lendemain de fête. C’est tout juste si j’ai été capable de poster mon autopromo sur Lanfeust Mag. Et encore, ça m’a pris une heure ;)

    Par ‘amen’, je voulais exprimer mon entière approbation de ton propos. J’ajouterai que si le système est aujourd’hui tellement axé sur le profit, je crains que ce soit aussi une question de survie. Il est devenu difficile pour les éditeurs – les vrais, j’entends, pas les imprimeurs à la TBE – de maintenir leur train de vie. Alors si la culture doit passer à la trappe, tant pis pour elle, vendons ce qui se vend encore.

    Nous avons aujourd’hui, nous autres accros de la création, de pouvoir très facilement diffuser le fruit de notre travail. Pour un Hugo, pour un Van Gogh, combien d’artistes talentueux sont à jamais dans l’anonymat ? En 2013, tous ces gens-là sont déjà sur TBE, sur Youtube, sur Deviantart, sur Amazon ou sur Pirate Bay. Rien ne dit qu’ils atteindront la postérité et/ou la richesse, mais au moins leur travail ne sera pas perdu.

    Peut-être un jour aurons-nous des archéologues des banques de données, des découvreurs de talents décédés, qui plongeront dans les oeuvres des siècles passés à la recherche de perles à publier ? Hmmm, je vais de ce pas noter ça dans ma liste d’idées de nouvelles =)

  17. Merci pour le rectificatif. J’avais pris ça pour de l’humour. Bon soyons sérieux. Je crois que nous pensons être toujours beaucoup plus que ce que nous sommes, pour finalement se rendre compte que bien souvent, nous avons été beaucoup moins que ce que nous voulions être. C’est parce que nous en sommes conscients que nous pouvons nous permettre de créer … sans prétention. Et si la création devait être intemporelle c’est à espérer qu’elle puisse servir à quelque chose. Être reconnu de son vivant est un luxe après lequel je ne courre pas.
    Quant à la survie des éditeurs ou autres marchants de culture, se soucient-ils vraiment de la survie des créateurs. J’espère que ces deux mondes parallèles ne se côtoient pas que par intérêt, car nous pouvons en voir malheureusement aujourd’hui les effets. La culture s’alimente par elle-même de ce qu’elle procure et non de ce qu’elle amasse. Et je suis convaincu que c’est par elle que l’homme parviendra à changer sa vision des choses. Que cela se fasse de notre vivant ou non n’a pas vraiment d’importance.

  18. j’ai longtemps regretté l’absence d’internet dans ma jeunesse, car je pense que j’aurais pu, trente ans en arrière faire connaître mes dessins et les partager davantage. A l’époque, je pu les faire paraitre dans une petite revue, je les ai distribués sous forme de photocopies, et ils ont circulé en petits cercles. Aujourd’hui, je peux, grâce au blog, éditer mes textes et dessins, ainsi que mes videos et photos, et les partager, disons avec quelques centaines de personnes. Internet favorise l’écriture, car, à part quelques lettres, je n’ai pas beaucoup écrit durant toutes ces années. Pour moi, thebookedition me rend le grand service de me permettre une présentation de mes textes, sous la forme d’un livre plaisan, même si je n’en attends aucun service autre, et que je sais que cet affichage sur leur site ne me procurera aucun lecteur. Comme la plupart des gens qui recourent à thebookedition, je n’attends pas d’eux la célébrité, mais la fabrication d’un document, qui me permet de conserver sous forme matérielle, ce que j’écris sur mes blogs.
    Est-ce un besoin narcissique qui pousse tant de gens à écrire via internet, à vouloir être édité et être lu, même s’il n’est pas nouveau : en France, vieille nation littéraire, 1 million de manuscrits dormaient dans les tiroirs avant Internet. Il faut réaliser quelle est la masse d’écrits disponibles, dont on ne peut prétendre qu’ils soient tous édités, lus, diffusés, ce qui serait au-delà de la capacité d’absorption du lectorat. Dans les transports, je vois beaucoup de voyageurs absorbés dans les livres de Marc Levy ou Musso, et jamais de « thebookedition ». Cette entreprise permet de servir le bout de la longue traine, celle du lecteur unique de son propre livre.

    • Hello Jean et merci pour ton témoignage. Se servir de TBE en tant qu’imprimeur pour les livres qu’on compte distribuer soi-même est en effet très honorable. J’ai dans l’idée qu’il doit y avoir moins cher cependant…

    • j’ai essayé Lulu, mais c’était effectivement plus cher, même si on peut demander de beaux albums de photos et d’images. Pour un livre, que l’on préfère sortir en poche, le prix de thebookedition parait raisonnable.

  19. Bonjour,

    Je débarque plutôt tardivement sur votre site et sujet, mais… je souhaite apporter mon grain de sable.

    Il ne faut pas confondre « l’oeuvre » et « sa fabrication ».

    En tant qu’auteur autopublié, je suis :
    1°) Propriétaire légal (détenteur du droit d’auteur et de la paternité) de mon oeuvre.
    Ceci sous-entend que 100% du contenu m’appartient. Y compris mes fautes (il en reste malgré un acharnement certain à les trouver et les corriger), y compris mon scénario, y compris le niveau de français utilisé (par mes personnages comme dans la narration).
    2°) Editeur (j’ai fait moi-même les démarches pour obtenir un segment d’ISBN).
    Ceci sous-entend que je suis ma propre maison d’édition. Mon propre responsable, et donc, légalement, le responsable de la diffusion du contenu (y compris, une nouvelle fois, des fautes, du scénario qui ne plaît pas forcément à tout le monde, …).

    Une fois ce constat effectué, je dois donc, pour faire « une réalité » de ma création intellectuelle, recourir à des services d’impression de qualité professionnelle (quitte à réaliser un rêve, autant que ce ne soit pas « moisi » !)

    Jusqu’à présent, TBE est la plateforme que je me suis choisie : la société est située sur le territoire national français, et donc soumise aux mêmes lois que nous autres clients, la production est effectuée en France, et il y a quelques mois, TBE a pu réduire ses coûts de production de près de 30% (me permettant une réduction de plus de 3€/unité), ce qui est non négligeable.

    J’avais prévu initialement d’utiliser les services de Lulu, mais c’était encore plus cher. 30€/unité, même moi je ne m’achète pas MON bouquin.
    Bref, là n’est pas le sujet.

    En mon sens, il y a certainement eu confusion à un moment donné entre « la société qui matérialise le rêve » (TBE) et « la personne dont le rêve est matérialisé » (l’auteur). Je ne suis pas TBE, ni salarié, ni actionnaire ou quoi, et croyez-moi, si TBE « fait de la merde » (je n’aime pas cette expression), je le leur dis.
    Je le leur ai même déjà dit, à quelques occasions, comme pour la correction des positionnements des traits de coupe de la couverture, ou un souci de dimensions sur les couvertures « en mode expert » (couvertures à faire soi-même).

    Ceci étant, je me suis déjà « fritté » avec une critique (personne physique) pour une critique (texte) que j’ai prise en travers de la gorge, et on m’a répondu en me citant la liberté d’expression… ça n’a pas été glorieux, mais après une longue mise au point entre « elle » et « moi », nous avons rebondi tous les deux vers de meilleurs cieux.

    Mais si elle avait critiqué « la matérialisation de mon rêve », et non pas « le contenu de mon rêve », alors c’est TBE qui aurait été mise en cause. Non, non, là, c’était bien ma part de l’oeuvre qui était visée.

    L’affaire a été résolue, et nous nous sommes promis tous deux d’utiliser cette affaire pour grandir.

    J’espère donc que les couteaux ont été rangés depuis lors. Sinon, c’est peut-être encore faisable…

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