J’ai promis de vous parler du travail de réécriture de L’archipel des Nuées et, même si je doute que le sujet intéresse grand monde, ça me sera utile de faire un peu le point à ce stade du processus.

Au départ, j’avais conçu le roman comme le premier tome d’une trilogie jeunesse – ou Young Adult, pour employer le terme technique. Or, Mille Saisons souhaite publier un livre qui se suffit à lui-même, à destination d’un public de tous âges. Ce qui à vrai dire me convient très bien. Une des raisons de mon désavoeu public du bouquin était que je me voyais mal plancher sur la suite alors que j’ai tant d’autres idées d’histoires et d’univers. En outre, Olivier, le directeur de collection, m’a demandé de revoir mon style pour y inclure plus de poésie. Lors de l’écriture, j’avais fait l’effort de m’adresser à des adolescents et m’étais donc quelque peu bridé. J’ai donc l’occasion de revoir tout le texte et d’améliorer ma prose, ce qui n’est de toute manière pas un luxe quatre ans plus tard. (Pour être honnête, j’ai du mal à empêcher mes dents de grincer à la lecture de certains passages.)

Tout ça pour dire qu’il y a beaucoup de boulot à abattre en peu de temps. À vrai dire ma conscience me sussure des mots pas très doux alors que je tape ces lignes pultôt que d’attaquer la bête. Mais ta gueule, madame Conscience, j’ai quand même fait une grosse part du boulot ces dernières semaines : le livre a été entièrement dépecé scène par scène et disséqué dans Scrivener. J’ai ainsi pu faire un travail de re-scénarisation et identifier les endroits où insérer des détails sur les personnages (une autre demande d’Olivier), avant de planifier une nouvelle fin. Grosso modo, l’histoire s’enrichit d’un quatrième acte qu’il me reste à rédiger et qui devrait résoudre tous les points en suspens.

Les parties concernant le développement des personnages sont en revanche déjà dans les mains de l’équipe, qui me dira s’il est judicieux d’inclure des scènes du point de vue du méchant. Il y avait au départ tout un arc autour de son identité, révélée quelque part dans le deuxième tome… ce qui doit évidemment changer.

Mon plan de bataille est en définitive simple :

  1. écrire la fin (dès que je me serai mis d’accord avec moi-même sur un changement important dans l’ancienne-fin-slash-nouveau-troisième-acte) ;
  2. dans les moments où l’énergie et/ou la créativité me manqueront, travailler le style du reste du livre.

Fa-cile.

Et vous ? Avez-vous déjà eu à rebosser une histoire de fond en comble, quel que soit le medium ? Partagez vos anecdotes joyeuses ou catastrophiques dans les commentaires.