Or donc, j’ai presque terminé le manuscrit du mousquetaire de Mars, un roman court qui sera publié cette année chez le Carnoplaste. Vous savez, l’éditeur de ces fascicules qui fleurent bon la littérature populaire d’autrefois. Les retours de mes lecteurs de choc commencent à tomber et j’ai bon espoir d’avoir une version lisible à la fin de la semaine. En retravaillant ce texte, j’ai pris quelques cheveux blancs en réalisant quelque chose : le mousquetaire en question est un personnage qui hante mes tiroirs depuis pas moins de dix ans !

Grégoire Henry Tercastel de Montbazillac est né en 2003 en tant que personnage  des joueurs pour un scénario de jeu de rôles intitulé Mousquetaires X, paru dans le magazine Annunaki(1). Non pas une version porno de l’oeuvre de Dumas comme certains l’ont supputé à l’époque, mais une histoire de personnages aux pouvoirs surhumains dans la France du 17è siècle. Rapière rouge, comme il se faisait appeler à l’époque, était le plus habile bretteur de la chrétienté. Puis, fin 2004, il est devenu le personnage central d’un dossier BD. Masquetaires développait l’univers esquissé pour Annunaki et reprenait plus ou moins le scénario, mettant aux prises Montbazillace et ses compagnons, Butor et le Moucheur, avec le terrible Duc écarlate.

Avec les années et les apports – pas uniquement graphiques d’ailleurs – de mon comparse Sébastien ‘Wenlock’ Delfino, Montbazillac a pris de l’épaisseur. Sans doute plus qu’aucun personnage issu de ma vaste écurie de héros non publiés. Lors du dernier retravail du projet en 2009, il s’était débarrassé de son pseudonyme d’épéiste pour se simplement nommer le Capitaine.

L’année dernière, quand ma vague idée de faire un planetary romance façon Burroughs pour le sieur Darvel s’est trouvée mixée à l’envie d’écrire du cape et d’épée, le personnage s’est immédiatement imposé à moi. Nul autre Gascon ne mettrait le pied sur la planète écarlate, mordious ! Devant la moustache hérissée de rage du vieux capitaine, je n’avais d’autre choix que d’obtempérer. Dans ce texte, Montbazillac est débarrassé (pour l’instant)de ses attributs surhumains. L’histoire commence alors qu’il coule ses derniers jours dans les Pyrénées de son enfance. Mais ça, c’est avant qu’il aille chercher querelle aux martiens.

(1) J’ai perdu mon exemplaire, diou vivan ! Si quelqu’un pouvait me scanner ces pages, ça m’intéresserait fort de relire le scénario.

Illustration par Sébastien Delfino.