J’ai reçu l’autre jour  le premier numéro de l’e-mag  à périodicité irrégulière Worlds Without Master. Entreprise d’un auteur américain connu sous le pseudonyme d’Epidiah Ravachol, WWM propose des nouvelles de sword & sorcery à l’ancienne ainsi que des jeux narratifs sur le même thème. Pourquoi j’en parle ici ? Deux raisons.

La première est la qualité de l’ensemble. Les deux nouvelles sont de bon niveau (j’ai une préférence pour celle de Vincent Baker, plus pêchue), le jeu, Enter the Avenger de Rafu, est intéressant et l’ensemble est complété par deux pages de BD et une liste d’idées pour auteurs et meneurs de jeu en panne d’inspiration. 20 pages de bronze, de bile et de bonheur pour $2.99 par numéro. Ou juste les nouvelles pour $1.

Et j’en viens à la deuxième raison : le magazine est vendu via Patreon, un site de crowdfunding qui propose de devenir mécène (patron, en anglais – d’où le nom) en échange d’une contribution régulière. Les gens s’en servent pour financer des productions artistiques en tous genre. On trouve des chansons, des vidéos, et pas mal de jeux de rôles (comme Ben Lehman, pour citer un nom connu). Nous savons déjà que le financement participatif est en train de révolutionner l’édition (de jeux, en tout cas), mais qu’en est-il de la littérature ? Worlds Without Masters est un début de réponse. C’est pas encore Byzance (ou Zamboula), mais avec beaucoup de bonne volonté, on peut publier du contenu de niche en rétribuant ses auteurs. Et ça, c’est déjà pas mal. Si j’avais le temps et un peu plus de réputation, je tenterais bien l’expérience avec un feuilleton mensuel.

On en reparle en 2014 ?

EDIT : vous pouvez aussi juste acheter le numéro 1 de Worlds Without Masters pour $3.99 sur DrivethruStuff.

Image : une belle édition de 1970 que je me suis trouvée chez un bouquiniste récemment. Illustration par Josh Kirby, photo de Simon Jones sur Flickr.