Chers adaptateurs et adaptatrices,

Je ne sais pas qui vous êtes, mais n’ayant pas trouvé d’informations vous concernant sur le site d’Ocean Films ou dans le dossier de presse, je suppose que vous avez préféré rester anonymes. Ce qui, au vu la qualité de votre prestation, est tout à fait compréhensible.

Ceux et celles qui fréquentent ce site savent que je ne me fends d’un billet concernant le cinéma que pour râler sur le triste état de la science-fiction sur le grand écran. Après avoir vu votre Albator pendant mes vacances en France, je n’aurais pas consacré une heure à faire l’argumentaire : techno-babble incompréhensible, personnages en carton, retournements de situation attendus… la routine des blockbusters hollywoodiens que j’ai résolu d’éviter pour épargner mes nerfs. Dans votre cas, en plus de dire que j’espérais mieux d’une production japonaise, je n’aurais fait que me répéter.

Mais voilà : après avoir vu cette version française qui m’a tour à tour énervé, ennuyé et désespéré, je n’ai pas la certitude que les scénaristes soient responsables de la catastrophe. Parce que vu le niveau de votre traduction, il m’est impossible de déterminer si j’ai bien compris l’histoire.

Je suis sûr que les nostalgiques des OAV produits par-dessus la jambe dans les années 80 seront reconnaissants de la diction merdique des personnages d’Albator 2013. Moi cependant, j’habite au 21ème siècle. Ici, quand on dépense 15 euros par tête de pipe pour aller voir un film, on a un minimum d’exigences. On n’attend pas une histoire irréprochable ou un thème qui nous secoue, ça c’est mort depuis un bail. Ce qu’on veut, c’est qu’on nous prenne pas pour des cons de geeks prêts à payer leur écôt dès qu’on colle un vaisseau spatial ou une combinaison-bikini sur une affiche. Ce qu’on espère, c’est simplement que vous fassiez correctement ce pour quoi vous êtes payés.

Allez, je suis sympa, je vous fais une liste :

  • Engager des acteurs, des vrais, pour doubler tous les personnages. Pas juste les deux ou trois principaux.
  • Filer à ces gens-là des dialogues un tantinet crédibles.
  • Traduire le film avec un minimum de soin. Pas au mot à mot depuis l’anglais sans rien avoir à foutre de la cohérence.

Si vous ne savez pas faire, changez de métier. J’ai entendu dire qu’il y avait du blé à se faire dans les média sociaux. Au moins c’est un domaine où on ne s’attend pas à trouver des gens compétents.

J’en terminerai en disant que ma déception après avoir vu Albator 2013 est d’autant plus forte que le film était juste magnifique à regarder. Chapeau aux équipes techniques et artistiques. J’espère qu’elles ne sauront jamais  à quel point leur travail a été piétiné par des branquignoles.

Photo : un joli petit Kiki déguisé que vous pouvez acquérir ici si vous êtes en retard sur votre taxe geek.