Big Brother is Watching You, par thefoxling (flickr)J’essaie en général de ne pas me laisser influencer par ce que je lis. Si je dois faire des recherches, je les expédie avant de me lancer dans l’écriture. Et quand j’écris, je me force à lire dans un genre ou un média différent.

Il m’a toujours semblé très important de ne pas lire de fiction similaire à ce qu’on fait pour éviter de se faire polluer les idées. Non que celles des autres soient mauvaises, mais j’ai toujours peur de retrouver plus tard dans mon travail quelque chose qui ne m’appartient pas.

Et donc là, maintenant, j’ai un souci. Je suis en train de finaliser le synopsis d’une novella qui sera la suite de Délit 2 Faciès et qui parlera entre autres autres de surveillance, de liberté de pensée et de manipulation de l’information. Plus j’y pense, et plus je me rends compte que ce sont les thèmes d’un classique que je n’ai pas lu : 1984. Non seulement je me dis que cette lecture serait une bonne référence, mais en plus, ça m’emmerde de faire allusion à la Police de la pensée sans avoir lu le roman. Mais si je le fais si près de la rédaction, est-ce que je ne vais pas me faire hijacker la cervelle par le fantôme d’Orwell ?

Amis lecteurs, je suis perdu. Conseillez-moi.

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13 Replies to “Lecture, écriture et influence

  1. on devrait toujours se fier à ses premières certitudes, dans ton cas, ne pas lire 1984.
    Essaye plutôt un Guillaume Musso, tu partiras sur ton texte complètement vierge de toute influence !!

  2. oups, commentaire validé par accident. Bon, rien à ajouter (j’allais développer mon argument, mais en fait pas besoin). Ne lis pas 1984, enfin pas tout de suite. Bref, au boulot ! ;o)

    LTO

  3. Ca vaut ce que ça vaut mais voici mon point de vue : si tu as des bouquins proches ou dans ton thème, mieux vaut les lire pour éviter le syndrome du : « Mon idée est géniale !!! Mais elle a été écrite et réécrite 28 fois depuis 1982″…
    En lisant ce book avec une vision pro (et non comme un lecteur lambda), tu pourrais approfondir tes thèmes, ou leur donner un éclairage neuf, voire original.
    (Par contre, pendant la lecture, n’écrit pas un mot ;)).
    By.

  4. Orwell… 1984… n’est-ce pas normal lorsqu’on réside au coeur de la perfide Albion ? ^^
    Concernant ta question, c’est vrai que tu dois opérer un choix des plus cornélien. Ceci dit, il est vrai que lire un autre genre de bouquin te permettra d’éclairer l’histoire que tu veux écrire sous un nouveau jour et tu ne risques pas de polluer l’histoire en question avec des « passages » de 1984. Parce que le hic ce serait de prendre des termes similaires que tu aurais lu dans le bouquin.
    Je vais te donner un bon exemple : j’ai écrit une histoire qui racontait les déboires d’un geek. Pendant la période où je me suis attelé à l’écriture de la nouvelle, j’ai dévoré « Incidences » de Philippe Djian (roman qui n’a absolument rien à voir avec le milieu des geeks). Contre toute attente, la prose de Djian m’a aidé à développé une histoire différente. J’ai gardé mes thèmes mais je suis arrivé à la raconter d’un autre point de vue. Et c’est ça qui est intéressant : éclairer une histoire suivant un autre emplacement. Parce que, faut pas se leurrer, la majeure partie des histoires ont été écrites. Innover c’est très très compliqué ; pas impossible mais c’est chaud :).
    J’serais toi, j’lirais un bouquin qui a rien à voir.

  5. Est-ce que tu vas l’aimer ou pas une fois lu? Est-ce que tu ne risques pas de vouloir remodifier encore et encore ton texte une fois lu 1984? Inconsciemment, ou consciemment, cette lecture te travaillera…
    D’ailleurs n’as-tu pas encore craqué en allant chercher des infos sur ce livre depuis ton post?

    En tout cas, je serai comme les autres, te conseillant de ne pas le lire, et éventuellement, d’aller aux WC publics et d’y trouver un livre ou un magazine te vidant la tête.
    Parce que 1984, qu’on aime ou qu’on aime pas, c’est comme toute référence quand on écrit, ça travaille en premier-plan ou en arrière-plan…

  6. Outre le soucis que tu soulèves, je ne sais pas pour les autres, mais c’est une bonne nouvelle que Délit 2 faciès ait une suite… Ce qui prouve que tu as de la suite dans les idées :)

  7. 4 votes contre, 1 vote pour (4-2 et une abstention en comptant les commentaires faits ailleurs), je crois que c’est clair. Je lirai 1984, mais dans trois semaines ou un mois, quand j’aurai fini mon texte.

    Mllelouise, merci pour la suggestion, mais je pense pas que Musso soit ma tasse de thé ;)

    Lesendar, non je n’ai pas fait de recherches depuis que j’ai découvert que la Thought Police venait de 1984. En dehors de la peur d’être influencé, je n’aime pas les spoilers.

    Merci à tout le monde pour vos conseils !

    • Dommage que j’arrive après la bataille, car je pense au contraire qu’il vaut mieux lire sur les sujets que l’on aborde. Une influence n’a rien de mauvais, surtout quand elle est comprise et analysée, comme je te crois capable de le faire. Et puis, franchement, « trouver dans mon texte une idée qui ne m’appartient pas »… Une idée t’appartient si tu te l’appropries. D’ailleurs, celles que tu as déjà ne tombent pas par l’opération du Saint-Esprit, elles te viennent de quelque part, peut-être même de bouquins lus il y a longtemps et à demi oubliés.
      D’ailleurs, de nombreux textes encensés ces derniers temps se réclament très fortement d’influences diverses, qu’il s’agisse de contes ou de classiques de la littérature.

      Bref, en tant que personne qui écrit, je t’encouragerais plutôt à lire 1984 le plus tôt possible…

  8. Merci pour ton avis étayé, Oph. Tu as raison en disant que les idées ne viennent pas de nulle part. Un jour je te raconterai l’histoire de la bataille navale de La guerre des ombres…

    Quant tu parles de textes qui se réclament d’influences diverses, tu fais allusion à Pride, Prejudice and Zombies? ;p

    Nico, c’est un peu ce que j’ai pensé faire. Comme j’aurai le temps de laisser le premier jet reposer, je comptais en profiter pour lire 1984. Ca me permettra de placer les références en connaissance de cause tout en évitant de me laisser trop inspirer inconsciemment.

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