Jeu de rôles narratif écrit par un garçon de huit ans.
Par Seán, huit ans. La relève est assurée.


Ecrire du jeu de rôles, je ne l’avais pas fait depuis belle lurette. Or depuis quelque temps, je travaille avec Bertrand Bry sur Chaos-Cola, le douzième et ultime livret de son jeu, le très méta Post-Mortem*. Eh bien voyez-vous, j’en cague des moellons.

Alors qu’on ne se méprenne pas : je m’éclate à placer des références pop-culturelles un peu partout et à parler de trucs aussi débiloïdes que les elfes nazis de Palareich et les invasions mutantes dans la cité cyberpunk de BrainWaste. Mais qu’est-ce que ça demande comme neurones ! Autant en fiction on peut se laisser porter par l’histoire, autant en JdR il faut mettre une idée toutes les phrases. Penser à l’intrigue, prévoir les réactions des joueurs, expliquer les motivations des protagonistes, ajouter des blagues. Sans parler des inévitables caractéristiques techniques et autres points de règle. C’est du super dense.

Même la BD, écriture technique s’il en est, je trouve ça reposant à côté. C’est sans doute que le processus commencé il y a bientôt quatre ans – à savoir recâbler mes synapses pour produire de la narration linéaire – a finalement fonctionné. Mon arc a-t-il perdu une corde ? Dois-je désormais renoncer aux salaires princiers de l’industrie du jeu vidéo ? Peut-être, mais la preuve est faite que la vieille cervelle n’est pas assez souple pour passer d’une gymnastique à l’autre sur un claquement de doigts. Si vous me croisez au Monde du Jeu à l’automne (si Monde du Jeu il y a), ne me demandez pas sur quel gamme je travaille – quand Chaos-Cola sera bouclé, je ne compte pas revenir au JdR de sitôt.

Mon chapeau va aux auteurs de mes amis (et aux autres) qui concilient les deux formes d’écriture. Je suis envieux. D’ailleurs, messieurs-dames : si d’aventure vous lisez ces lignes, dites-nous donc comment vous passez la frontière ludico-littéraire avec tant d’aisance.

* Dioubiban, il y a un article Wikipedia sur Post Mortem !

Avis au lecteur paléorôliste : tu trouveras sans doute le même plaisir que moi à lire l’interview-fleuve de Tristan Lhomme publié hier sur la page Entretiens de la Scénariothèque .

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6 Replies to “Le JdR, quelle galère !

  1. … franchement, c’est une drôle d’énigme. Et la réponse, peut-être un subtil mélange entre le plaisir, l’inconscience et l’envie de s’éprouver pour éliminer des doutes récurrents. Après, tu peux mettre un objectif derrière tout ça, un Graal personnel assez excitant pour pousser ces trois éléments à former une boucle.

  2. C’est vrai que ce sont 2 styles d’écriture différents, deux techniques. Mais j’apprécie beaucoup les 2. Faut dire qu’au niveau jdr je m’éclate surtout à poser du background,d es PNJs, des lieux, des synopsis d’intrigues, mais quand il faut rédiger un vrai scenar par exemple je m’écroule comme une merde toute molle…

  3. Par le passé, j’ai eu moi aussi deux périodes où j’ai eu envie de lâcher l’écriture de jeu de rôle et me contenter de jouer ou de faire jouer, tout simplement. Ces pauses sont salutaires. Comme toi, j’en avais vraiment marre d’avoir cet espèce de réflexe dès que je voyais un truc de l’assimiler rôlistiquement parlant. Ces pauses m’ont permis de prendre à chaque fois un peu de distance.
    Récemment, si j’ai voulu m’éloigner un peu du JDR, c’était surtout du milieu de l’édition. Mais là, cette fois, cette tentative est un peu avortée car je suis retombé dedans pour un projet qui me tient réellement à cœur.

    Ce qui est bizarre, c’est que je n’ai pas vraiment de difficulté à passer de l’un à l’autre. Même si je concède que finalement écrire une histoire à lire est plus facile que d’écrire une histoire à jouer. On reste quand même le maître à bord avec la possibilité de pouvoir se reposer sur les personnages sans avoir à se justifier outre-mesure.
    Mais j’aborde les deux exercices de la même manière. En pensant au lecteur. Pour moi, l’écriture de jeu de rôle, qu’elle soit background ou scénario (je n’aborde pas les règles, n’en ayant jamais écrites), c’est l’occasion de proposer des ambiances, des personnages, des lieux et des intrigues. Mais différemment qu’un récit. Sur le récit, je travaille au fait que cela s’enchaine, je construits moi-même l’histoire. Pour du JDR, je propose les choses au MJ, avec plus de distance, comme si je prêtais mes outils au lieu de réparer moi-même.
    Mais finalement, j’aborde les deux exercices quasiment de la même manière.

  4. Je n’y crois pas! Quand je suis arrivé dans ce lycée, on m’a dit que les élèves étaient arriérés; qu’ils n’arrivaient pas à mobiliser leur imagination pour des productions écrites ou orales. Et là, le plus mauvais élèves de la classe me pond une petit texte auquel je ne m’attendais pas du tout. Un truc certes pas développé ou réellement novateur, mais rien que le fait qu’il l’ait écrit en anglais, rien que le fait qu’il m’ait rendu sa production, je suis plus que satisfait. Cet élève, je vais le garder sous le coude pour certaines questions orales. Il cache bien son jeu.
    Les autres ont rendu des « trucs » plus classiques, des trucs moins recherchés, et dans un anglais soit très basique soit totalement chargé de mots trouvés dans les dictionnaires bilingues bas de gammes.
    Ce devoir, ça va être le point de départ d’une petite séance à venir. Ils vont pouvoir se faire plaisir. Je vais d’abord demander à son auteur s’il est d’accord, mais j’ai déjà mes idées.

    Quand la prof elle a d’mandé un texte en anglais, j’ai halluciné. Moi l’anglais j’m’en fous. J’parle pas c’te langue! Par contre, j’ai eu trop d’la chance. Le soir on a coincé un pauv’ gars qui s’prenait pour un lascar. En deux quatre deux on l’a r’tourné, on l’a dépouillé. Et il avait un livre de « jeu de rôle », il y t’nait à mort, il disait qu’c’était un collector. J’m’en foutais, j’l’ai frappé dans les dents. Pam! Et là j’ai vu une feuillé écrite en anglais tomber.

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