Sous prétexte de chroniquer The World’s End, j’ai parlé la dernière fois de cette propension qu’a Hollywood à produire des films pour la nerd génération. Des trucs imparables, coco. C’est ce que j’appelle la taxe geek.

Parfois j’ai l’impression d’aller au cinéma juste pour pouvoir donner mon avis. Exemple récent : Man of Steel. Après une semaine très chargée, nous avions décidé de consacrer notre première soirée libre à une séance de cinéma. La question du film ne s’est même pas posée. Superman, quoi ! L’un comme l’autre, on avait évité les critiques et les avis en ligne pour ne pas se faire spoiler, et l’un comme l’autre on avait envie d’aimer tout en sachant qu’on serait forcément déçus/agacés/meh. Et ça n’a pas raté. Encore plus que d’habitude, je me suis gâché le film en relevant les incohérences. Pas toutes, hein, il y en a tellement. Juste suffisamment pour me sortir de l’histoire et me bousiller ma soirée.

Mais à dans les bureaux des producteurs, ils s’en foutent de ce que je pense. Ils savent très bien que comme pour Star Trek, pour Iron Man et Batman, on ira sans se poser de questions alimenter la machine à tondre le nerd. Car Hollywood ne fait pas des films que les geeks on envie de voir. Ce serait prendre des risques, et les investisseurs ils aiment pas ça, les risques. Hollywood fait des films que les geeks DOIVENT aller voir.

Moins risqué, plus rentable est le côté sombre du marketing.

Il suffit de reprendre un personnage qu’ils aiment depuis tout petits, un sujet qu’ils adorent (les zombies ! les robots ! les adolescentes maniant des symboles phaliques !) ou mieux encore, de faire une soupe fadasse portant le titre d’un film ou d’un livre culte (World Total Evil War Recall Dead Z lolwutsrsly).

Va, binoclard. Va donc payer ta place pour avoir le droit d’en disséquer les incohérences avec tes petits camarades sur Facebook. Nous, on s’en fout de ton avis tant que tu donnes envie aux autres moutons à lunettes de te payer leur écot. Comme ça, les studios pourront produire la suite. Il y aura toujours plus d’effets spéciaux et de scènes d’action, de vaisseaux spatiaux et de trous dans le scénario.

La taxe geek, c’est 10 euros et deux heures de ta vie par mois.

 

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9 Replies to “La taxe geek, 2ème partie : Man of Steel

  1. La taxe geek double, voire triple, pendant les vacances. Ça tombe bien, nous avons plus de temps à perdre sur les réseaux sociaux à disséquer les navets.
    La taxe geek, c’est des films de série Z à grand budget! oO

  2. Mon très cher ami, ce que tu décris n’est pas une taxation mais une addiction.
    Non d’un Verougue à roulettes, il ne manque pas de bons livres ou de bons films (certes, à diffusion parfois un poil plus confidentielle) à lire ou voir.
    Si tu continues à aller voir ces sous-m*des, Hollywood et les autres continueront à produire ces sous-m*des.
    Hop, BTW, you’ve got mail, my dear ;-)

  3. Je me souviens encore d’être allé voir Dungeons & Dragons il y a quelques années avec des potes tout en sachant qu’on allait au casse-pipe. Mais maintenant que les dragons sont partout et le choix dedivertissement étendu, il ne me viendrait pas à l’idée d’aller voir un mauvais film sur Superman.

  4. En attendant Tetris – the movie, Pacman – the movie, Space invaders – the movie (je croyais dire une connerie mais les droits de celui là ont vraiment été acheté) ou encore Arkanoid – the movie. Bref à l’époque où les junior entreprises des IUT Tech de co ou des écoles de commerce organisent des salons ou des festivals geek (finalement si le geek devient tendance, ça peut avoir des retombées positives quelque part), on peut s’attendre à tout même à du bon, voire du très bon.

  5. un autre point de vue : http://www.ecranlarge.com/article-details-26571.php

    Pour ma part, je ne paie plus la taxe geek depuis que j’ai des gosses. J’en rattape une partie en dvd bien sur, mais j’ai le temps de trier ce que j’ai vraiment envie de voir. Et je suis de plus en plus exigeant/difficile parce que justement j’en vois peu.

    Hier, j’ai été voir Elysium, qui a le gout d’un blockbuster, mais avec un scénario un peu SF, du genre « éh, c’est pas déjà comme ca dans ta vraie vie, faudrait peut être essayer de faire bouger tes neurones, on t’avertit mec ». et ca m’a rendu triste, car j’avais l’impression que je serai le seul dans la salle à ne pas voir juste ce film comme un divertissement, mais aussi comme une source de réflexion.

    Avant, la SF avait pour but de nous faire réfléchir sur l’avenir. la société de consommation l’a transformé en temple du divertissement, et ce sont ceux qui prétendent le plus réfléchir qui vont au cinéma en déconnectant leur cerveau.

    Bref, faut arrêter de payer la taxe geek. le monde du cinéma et le monde tout court n’en sera que meilleur.

  6. Si le fond est présent, c’est pas la faute du film si le public ne s’y intéresse pas, si ?

    Le risque si on arrête de payer la taxe, c’est de voir la production grand public devenir encore plus conne (si, c’est possible, j’en suis sûr =)
    Ce qui, convenons-en, n’est pas un problème si le contenu de niche profite de l’argent ainsi économisé – comme c’est déjà le cas grâce au net et au crowdfunding.

  7. Avatar récent de la taxe geek : le bar à tondre le geek dans le sens du poil.
    C’est à Paris, c’est bien naze et ça s’appelle le « Dernier Bar Avant que j’en aie plein le cul » ou quelque chose comme ça.

    Rendez-moi mes PMU avec flipper.

  8. Et le 421 ;)

    Mais t’as raison : un hamburger c’est moins cher et c’est tout aussi bon quand on appelle pas ça un Smaug Burger ou quelque chose du genre.

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