Avant de parler de taxe geek, parlons de geek culture.

Elle est partout ces temps-ci : dans les documentaires, dans les magazines, dans les fringues, au cinéma. Surtout au cinéma. Et je sais pas vous, mais moi je commence à en avoir un peu ma claque. Peut-être parce que je n’ai plus le temps et le budget d’aller voir tous les films et d’acheter tous les gadgets. Ou peut-être parce que trop de geeksploitation, c’est trop. De quoi je parle ? De ces films avec des minettes à katana et/ou des gros robots qui s’écharpent entre les explosions sur un prétexte que certains osent encore qualifier de scénario. Ou alors ces remakes de films culte de SF ou d’horreur, qui espèrent attirer une fraction des fans de l’oeuvre originale sur la seule foi de leur titre.

Dans les salles de réunion des producteurs, le raisonnement n’est pas bien compliqué : tant qu’il a des mannequins en combis moulantes et des vaisseaux spatiaux, le binoclard se plaindra pas. Sans doute que certains retiendront assez de cervelle pendant la projection pour noter les incohérences et en parler sur leur blog. Ou ces connasses de féministes viendront dire que le film ne passe pas le test de Bechdel. Parfait. Avec les nerds, il n’y a pas de mauvaise publicité.

L’idéal pour faire une machine à tondre le nerd, c’est d’avoir un réalisateur lui-même nerd. Un Jackson, un Snyder ou un Abrams. Avec ses lunettes et son air de premier de la classe qui a réussi malgré les moqueries de ses camarades, il viendra sur les plateaux télé ou sur les réseaux sociaux pour répondre aux questions des fans. Mieux encore, il leur répondra ! Un film pour les geeks, fait par des geeks. Tu sens ça, coco ? C’est l’odeur du box office et de la villa à Malibu.

Allez, slash-rant, je me calme. Le but de ce post était aussi de vous dire que parfois, l’industrie geek nous réserve de bonnes surprises. (Et pis faut que je garde quelques litres de vitriol pour la deuxième partie de cet article aussi.)

The World’s End, donc. Ce film est le dernier délire de la bande à Wright, Pegg et Frost, responsables notamment de Hot Fuzz et Shaun of the Dead. Six anciens amis décident de revenir dans leur ville natale pour refaire le pub crawl, la tournée de bars qu’ils n’avaient pas réussi à terminer le soir où ils ont quitté le lycée, deux décennies plutôt. Mais Newton Haven, bourgade tranquile s’il en est, semble avoir imperceptiblement changé. Je ne vous en dirai pas plus sur l’intrigue (il est même recommandé d’éviter les bandes-annonces, à l’exception de la vidéo ci-dessous), mais sachez que ce film m’a fait l’effet d’une bouffée d’air. Après des mois, des années de productions allant du putassier au complètement raté en passant par le moui-mais-franchement-ils-se-sont-pas-foulés et le mais-putain-moins-de-scènes-d’action-bordel-quoi, vous pouvez pas savoir comment ça fait du bien de respirer. De voir sur le grand écran quelque chose de sensible, d’intelligent, avec des personnages auxquels on s’identifie (qui d’autre a fêté son bac en 1990 ?), des références au genre et les thèmes qui vont avec. Il y a même des scènes d’action réussies. Ne ratez pas ce film, vous vous en mordriez les doigts.

Et dans le prochain article, j’en viendrai au but avec ma théorie de la taxe geek. Mais d’abord, une page de publicité.

httpv://www.youtube.com/watch?v=oxQljuFznT0