The Hunger Games, Suzanne Colins - Image promotionnelle du film

Dans un futur sombre, sur les ruines des États-Unis, un jeu télévisé est créé pour contrôler le peuple par la terreur. Douze garçons et douze filles tirés au sort participent à cette sinistre téléréalité, que tout le monde est forcé de regarder en direct. Une seule règle dans l’arène : survivre, à tout prix. Quand sa petite soeur est appelée pour participer aux Hunger Games, Katniss n’hésite pas une seconde. Elle prend sa place, consciente du danger. À seize ans, Katniss a déjà été confrontée plusieurs fois à la mort. Chez elle, survivre est comme une seconde nature… (Quatrième de couverture.)

The Hunger Games, c’est cette trilogie de science-fiction jeunesse qui sera bientôt adaptée au cinéma (avec à l’affiche des pointures comme Woody Harrelson, Stanley Tucci et Donald Sutherland) et qui m’a scotché à l’app Kindle pendant quinze jours. Suzanne Collins n’avait écrit auparavant qu’une série de fantasy. Avec Hunger Games, elle produit un travail absolument exemplaire. Des histoires capables de séduire à la fois les adolescentes fleur bleue et les barbus quasi-quadras, ça court pas les rues. Plutôt que de vous écrire une petite chronique pépère comme à mon habitude, j’ai décidé de faire une liste des leçons d’écriture reçues en lisant Hunger Games.

1. Une forme irréprochable. On pourrait presque parler de formatage. Chaque roman est composé de trois actes de neuf chapitres chacun, et chaque chapitre a son petit cliffhanger. Classique, certes, mais diablement efficace. J’imagine que l’auteur s’est imposé cette structure dès le début afin d’éviter de déborder du cadre. À la livraison, les histoires y gagnent en rythme et en force. Une technique win/win, en somme.

2. Des enjeux clairs. Tout bon scénariste vous le dira, l’enjeu d’une histoire doit pouvoir être compris par un néandertalien : la vie ou la mort, la nourriture, l’être aimé, etc. Suzanne Collins l’a bien compris. Son héroïne doit survivre tout en protégeant sa famille et ses amis. Pas forcément dans cet ordre, d’ailleurs. On ne doute pas une seule seconde des motivations des héros – pas comme dans mes romans, par exemple. Okay, Suzanne, message reçu.

3. Des personnages attachants. En bon geek, je pardonne mal les explications fumeuses ou les trous dans la toile de fond d’un roman ou d’un film. Dans cette série, la technologie ne tient que rarement debout et on s’en fout. On est happé par le destin de Katniss, par ses dilemnes moraux et ses conflits amoureux. Ah oui, évidemment, il y a deux garçons : un blond et un brun. Mais là encore, c’est tellement bien enrobé qu’on s’en tapote les velues. Moralité : écrivez des personnages crédibles et la pilule passera comme dans le gosier un T-Rex.

4. Un monde qui s’élargit. Dans le premier tome, on visite le district 12 (pendant le premier acte d’exposition) et l’arène, un environnement contrôlé à la fois dans le livre et chez l’auteur. Une fois les héros dans ce huis-clos, Collins a tout loisir de s’attarder sur eux. C’est du brutal. Pas de seconds rôles superflus, pas de voyages dépaysant, pas de perte de temps. Dans les livres suivants, on parcourt le pays de Panem, on s’intéresse à l’histoire ancienne et on prend le temps de détailler certains personnages secondaires, tout ça sans perdre de vue nos personnages.

5. Jeunesse ne rime par forcément avec niaiserie. La trilogie parle de mort et de désir (même si le sexe est complètement passé à la trappe – bravo l’Amérique puritaine) et tombe parfois dans une violence sombre. Parce que vous savez quoi ? Les ados d’aujourd’hui, ça leur fait pas peur.

Et vous, les amis, ça vous arrive souvent de tirer des leçons d’écriture quand vous lisez un bon bouquin ?