Cette fin d’année est l’occasion de faire un peu d’ordre dans mes affaires, et il n’y a pas de raison que la pile de livres lus ne retourne pas dans la bibliothèque (qui attend sagement d’être triée, elle aussi). Voici donc une partie des ouvrages que j’espérais chroniquer cette année, mais qui faute de temps ou d’enthousiasme n’ont pas eu leur billet propre.

BD et assimilés

Zombies, A Record of the Year of Infection, Field Notes by Dr. Robert Twombly, Roff & Lane. Dans le raz-de-marée des tentatives éditoriales de faire des sous sur le dos des morts-vivants, on trouve quelques petites perles. Celle-ci est le carnet de notes d’un médecin pendant une invasion de zombies (qui se passe en 2012, évidemment). C’est très illustré, très agréable à lire, même s’il ne faut pas s’attendre à une grande histoire épique. Une aide de jeu pour JdR, pourquoi pas ?

The Best of 2000AD, collectif. Un album de plus de 300 pages compilant les séries du magazine britannique. Au-delà d’une certaine forme de nostalgie (je lisais ça en VF dans les années 80), j’ai été étonné par la faiblesse de la narration. Ces pages sont pleines de voix-off décrivant l’action de manière inutile genre « il lui assène un coup de poing ». Je me suis promis d’acheter un exemplaire du magazine pour voir si les auteurs de 2000AD font toujours ça vingt ans plus tard. Ceci dit, ça plaît toujours à mon moi de 12 ans.

Devlin Waugh: Swimming in Blood, Smith & Phillips. Dans la série « rattrapons notre retard sur la BD anglaise », j’ai découvert Devlin Waugh, un dandy moustachu contemporain de Judge Dredd. Expert ès surnaturel pour le compte du Vatican, esthète, culturiste, vampire et ouvertement homosexuel, c’est un personnage bien plus intéressant que tous les héros de 2000AD réunis. Dommage que les histoires que j’ai lues soient sur le modèle monstre-gore-massacre, sans autre intérêt les belles planches saturées de Sean Phillips et Siku.

Dr Grordbot presents: Victory, Scientific Adventure Violence, for Young Men and Literate Women, Greg Broadmore. Issu du cerveau dérangé du concept artist de Weta, ce livre est plus un art book qu’une vraie BD. Il décrit un univers de rétro-SF des plus décomplexés où des troupes coloniales surarmées éclatent du sauvage vénusien en buvant du thé. On redemande des facsimilés de réclames et d’affiches de propagande. Si vous aimez les robots géants et les pistolets à rayon, vous aimerez Dr Grordbot.

Trois ombres, Cyril Pedrosa. Un gros album en noir et blanc, 268 planches emplies de vent d’automne et de sombre poésie. Dans une sorte de 18ème siècle campagnard et brumeux, le dessinateur de Ring Circus conte l’histoire d’une famille qui fait face à une mort annoncée. Touchant.

Aetheric Mechanics, Ellis, Pagliarani & Dreier. Depuis quelques années, Warren Ellis produit chez Avatar des graphic novellas, courtes BD d’une cinquantaine de pages (je recommande également Crecy). Cette histoire est un petit bijou : dans un 1907 parallèle au nôtre, l’Angleterre est en guerre avec la Ruritanie. Revenant du front, le docteur Watcham retrouve son ami le détective Sax Raker pour partir à la poursuite de l’homme qui n’était pas là. Ce qui commence comme un hommage sans imagination finit sur un trait de génie. J’adore.

Naguère les étoiles, Bourhis, Spiessert. Un album par les auteurs d’Ingmar, qui reprend l’épopée Star Wars dans un univers medfan aux consonances franchouillardes. Jean-Luc Haut-le-Coeur et Yann Kersolo sauveront-ils la princesse Leica des griffes du seigneur Salvador ? Une chouette idée pour une chouette BD.

Romans

The Táin, Liam Mac Uistin. Courte version pour enfants du Táin Bó Cúailnge, ou rafle des vaches de Cooley pour ceux qui ne parlent pas irlandais. Ça faisait longtemps que je cherchais une introduction au Cycle d’Ulster et aux aventures de Cúchulainn, maintenant que j’ai une meilleure idée de qui est qui, je compte bien chercher des ouvrages plus détaillés.

Lord Sunday, Garth Nix. C’était pour moi le livre le plus attendu de l’année. Ça a été la plus grosse déception. Septième et dernier tome de la série des Sept clés du pouvoir, ce livre donne juste l’impression d’être la conclusion du précédent. Je pense que l’auteur a juste manqué de place. Comble de la mauvaise gestion de ses pages, il boucle l’histoire en un chapitre. Mais que cela ne vous décourage pas de lire la série, par ailleurs magistralement rythmée, surtout si vous aimez les mondes imbriqués au parfum steampunk.

Ao, le dernier néandertal, Marc Klacpczynski. J’ai acheté ce livre après l’avoir vu mentionné sur le blog d’Emmanuel Roudier qui signe ses illustrations, sans savoir qu’il s’agissait de la version jeunesse du roman récemment adapté au cinéma. Il raconte la rencontre entre un jeune Néandertalien et une Cro-Magnon à une époque où la cohabitation n’est pas des plus aisées. La lecture en est plaisante et pleine de rebondissents, mais je regrette de n’avoir pas lu l’original.

Lyonesse, Jack Vance. Magnifique réinvention des légendes anglo-saxonnes, Lyonesse est une histoire de magiciens rebelles et de princesses emprisonnées. Une relecture jouissive de cet auteur que j’ai beaucoup lu en français et que j’espère que vous avez lu aussi. Si vous lisez l’anglais, les Fantasy Masterworks d’Orion Books sont une occasion de le faire à pas cher.

Mostly Harmless, Douglas Adams. Cinquième épisode de la trilogie en six volumes du routard galactique, c’est le dernier écrit par Adams lui-même. Si on excepte une fin en queue de poisson (et qui explique en partie le fait que madame Adams ait demandé à Eoin Colfer de produire une conclusion), c’est un bon moment de délire spatio-temporel.