Je suis tombé complètement par hasard sur ce livre en flânant dans le rayon JdR d’une grande librairie. On doit ce livre à Leila Johnston, journaliste et blogueuse anglaise également auteur de How to Worry Friends and Inconvenience People. Le sous-titre, qui se traduit grossièrement par  » Une aventure dont vous, geek vieillissant, êtes le héros ! «  m’a évidemment tout de suite parlé.

Vous avez 40 ans et vous êtes célibataire malgré vos évidentes qualités (principalement dans le domaine de l’informatique, il faut bien l’avouer). Vous vous rendez à un entretien d’embauche pour un poste qui va se révéler bien plus important que vous ne l’imaginiez : celui d’Ennemi du Chaos. Et  devinez quoi, le sort du monde va dépendre de vos choix…

Enemy of Chaos reprend le principe des livres dont vous êtes le héros. Il commence par une feuille de personnage, avec des scores tels que IMC (indice de masse corporelle) et MPM (mots par minute), des compétences comme Editer Wikipedia ou Crise de panique, etc. La méthode de génération des scores est très fantaisiste, ce qui aurait dû me mettre la puce à l’oreille concernant le gameplay de l’ensemble. Ne vous attendez pas à des énigmes compliquées et à de palpitantes aventures dans un univers dépaysant. Cet ouvrage est composé d’une suite de situations à l’humour très anglais. Parfois trop anglais. J’avoue n’avoir pas saisi toutes les références – imaginez du Douglas Adams mâtiné de Monty Pythons.

Pendant la deuxième moitié du parcours, les pages qui mettent fin à votre aventure sont fréquentes. On finit par prendre l’habitude de vérifier qu’une page ne se terminait pas en impasse avant de lâcher la précédente. Ceci dit, ces fins sont bien tournées et on se prend à vouloir les lire même si on a fait le bon choix.

Cette structure en sketches fait qu’on n’est pas emporté par un souffle héroïque, mais on glousse à chaque page, tant les références à la culture nerd sont nombreuses. Il est juste dommage que l’éditeur ait donné cette ambiance dark fantasy à l’ouvrage : en plus des monstres de la couverture, les pages intérieures sont pleines d’illustrations qui fleurent bon les anciens Fighting Fantasy, mais n’ont aucun rapport avec l’histoire. Petit plus cependant, les dés aléatoires en bas de page, qui sont bien utiles pour les rares jets qui vous sont demandés.

En résumé, Enemy of Chaos est sympathique et drôle, à condition de ne pas s’attendre à un véritable hommage à ces livres qui nous ont captivés pendant notre adolescence.