Les tontons flingueurs (c) SNEG

La nouvelle que j’ai rendue ce matin m’a appris pas mal de trucs. C’est peut-être parce que je l’ai écrite alors que j’étais malade, mais j’ai eu un mal fou à rédiger dans l’ordre. Si j’avais eu le temps, je me sans doute occupé d’autre chose en attendant que la la fièvre tombe, mais là j’avais une date serrée. Et finalement tant mieux parce que le texte n’est pas si mal, au final.

Normalement, pour les textes courts, je m’appuie sur un squelette solide. Je fais une liste des scènes en mentionnant leurs enjeux, je prépare les personnages et je réfléchis bien à la fin. Quand vient le moment de me lancer, je m’y tiens. Ce coup-ci, j’ai eu toutes les peines du monde à m’organiser. Les scènes se sont écrites sans s’enchaîner, j’ai sauté de l’une à l’autre et je me suis arrêté plusieurs fois pour réorganiser leur ordre.

C’était un peu comme monter un film. Les événements existaient dans ma tête, mais il a fallu que je trouve le meilleur moyen de les présenter. Des scènes ont été coupées, une autre insérée en flashback. Le début est même devenu le moment dramatique central. C’était la première fois que j’opèrais une telle restructuration sur un texte aussi court.

Qu’est-ce que je veux vous dire par là ? Qu’il ne faut pas avoir peur de se laisser des portes ouvertes. Ni de garder un oeil sur les fenêtres. On vous dit que vos personnages savent mieux que vous comment se termine votre histoire, qui faut vous laisser guider. Certes, mais parfois il faut aussi leur faire fermer leur gueule. Aborder une histoire avec un point de vue de monteur, les ciseaux à la main, vous fera gagner du temps de réécriture.

J’ai encore la crève et les hectolitres de morve qui me noient la cervelle m’empêchent d’exprimer clairement les leçons tirées de cette nouvelle. Alors on va dire que ce post est un travail en cours. J’y reviendrai quand j’irai mieux. En attendant, si vous voulez discuter du bien fondé de la vivisection des textes, n’hésitez pas à le faire dans les commentaires. On peut même faire un travail commun, tiens.

D’autres pièces du puzzle

Mise à jour du 16 août : le coefficient de morve est retombé en dessous de 20% ; je peux enfin mettre de l’ordre dans mes idées sans sortir les cuissardes.

  • Quand on rédige, on se projette dans ses personnages, on voit par leurs yeux et on essaie de transcrire leurs sentiments. Pour reprendre la métaphore du cinéma, le réalisateur-monteur s’efface au profit du metteur en scène et des acteurs. L’histoire progresse alors en suivant ou non le plan qu’on a prévu. Elle peut s’en trouver meilleure, ou bien complètement bousillée. Des gens comme Oph ou Chris Debien semblent s’en sortir, mais ça n’est pas mon cas. Par exemple, l’intrigue du premier jet de Star Drakkar est toujours crashée dans la tundra d’Alfheim, et ce près d’un an après avoir fini le premier jet.
  • Ma fatigue de la semaine dernière a grandement écourté ma capacité de concentration, ce qui m’a régulièrement sorti de mon rôle de metteur en scène et d’acteur. Je me retrouvais dans la salle de montage à réfléchir à chaud à la façon dont mes scènes s’organisaient. Ceci m’a permis de détecter avant la fin du tournage les impasses dans lesquels mes acteurs m’emmenaient.
  • En conclusion, je dirais qu’écrire dans le désordre n’est pas une garantie de succès. J’aurais même tendance à penser le contraire. En revanche, prendre du recul et inspecter son travail à intervalles réguliers peut être salutaire. C’est un réflexe que je vais m’efforcer d’acquérir.

Qu’en pensez-vous ?