Ça fait dix jours que j’écris un feuilleton, et je me rends compte que j’ai déjà appris quelques trucs. Parce que je ne fais pas ça que pour le fun, figurez-vous. Ni pour la promo de folaïe que ça me fait (j’espère que vous avez enregistré mon interview sur CNN hier). J’essaie aussi de découvrir des trucs et astuces sur le métier d’écrivain. Affûter ma plume. Muscler mon clavier. Vous voyez le tableau. Voici donc en vrac une liste des techniques d’Écriture-Fu que j’ai acquises ces jours derniers.

Pas de retour arrière. Quand on fait un choix, il faut s’y tenir. Après avoir publié un épisode, je ne peux plus revenir  pour ajouter des références ou changer quelque chose pour que ça corresponde mieux à la suite. Comme un personnage de roman, je suis condamné à vivre avec mes erreurs. Sauf que moi, je pourrai toujours reprendre l’ensemble quand ce sera fini. J’essaie donc de faire les bons choix et si je me suis fermé une porte la semaine précédente, je sors la masse pour me créer un nouveau passage.

Le rythme dans la peau ! Un feuilleton, faut que ça bouge. Les moments d’exposition doivent être courts et les scènes d’action nombreuses. D’une part parce que c’est la tradition, mais aussi parce que j’ai pas envie de perdre mon lecteur. Qu’il arrête de lire un livre papier, c’est triste, mais j’ai déjà son argent. En revanche, s’il laisse tomber un texte en ligne, j’ai raté mon coup et on est tous les deux perdants. Le lecteur parce qu’il ne se sera pas amusé en me lisant et moi parce que je perds sa considération (et dans un futur potentiel, son argent).

Prise de risques. Avec la pression que je me mets et le café que j’ingurgite, j’écris parfois dans un état de semi-transe. Et je me lâche. Je tente des trucs. Rien de spectaculaire dans la première partie, mais dans la deuxième j’ai bravé quelques auto-interdits, comme la sacrosainte règle du point de vue (je sais, Yno, je sais…). J’ai aussi des personnages qui parlent en majuscules, ce que je considère comme une faute de goût quand on ne s’appelle pas Terry Pratchett. Est-ce que ces expérimentations passeront, ou est-ce qu’elles vous dégouteront du projet ? Aucune idée. Si je suis pas trop hébété à la relecture de samedi, je m’en rendrai sans doute compte. Sinon, eh bien vous essuierez les plâtres et vous me direz.

Les sprints. Certains participants au NaNoWriMo se motivent en se lançant des défis du genre « Qui peut écrire le plus en une heure ? » ou bien « Je vous parie que j’atteins 750 mots en 30 minutes ». Un jour où il ne me restait plus beaucoup de temps pour boucler mes 2500 mots quotidiens, j’ai fait pareil. Plutôt que de me stresser sous Write or Die, j’ai juste lancé un compte à rebours. Je me suis permis de revenir en arrière pour modifier une structure de phrase, j’ai pris le temps de réfléchir à un nom plutôt que de mettre « XXX » en panique pour continuer. Ça marche assez bien, et je le fais de plus en plus : un chrono sur mon téléphone et hop, je me lance pour 20 ou 30 minutes. Et quand le temps imparti arrive à son terme, le plus souvent je suis tellement pris dans mon histoire que je continue. Essayez quand vous avez le cerveau lent et les doigts froids, c’est un bon moyen de se chauffer.

L’aventure, c’est l’aventure. Avec une structure basique comme celle que j’ai, je suis loin d’avoir prévu toutes les scènes du roman. Alors j’improvise et je baratine. Un peu comme mes héros, je pars en quête. Parfois je me surprends, parfois je fais dans le classique. Mais je m’ennuie pas, et c’est ça qui est important.

Je suis certain que vous aussi vous en découvrez des techniques au fil des paragraphes. Allez, je vous ai montré les miennes, montrez-moi les vôtres dans les commentaires.