La semaine dernière, j’ai ouvert la porte que je n’avais pas osé franchir depuis septembre dernier. J’avais laissé là une scène digne d’un polar gore. La victime : mon premier jet de Star Drakkar. Avec des chapitres entiers écrits à la Zatoichi, ça ne pouvait pas être joli à voir. Pour être tout à fait honnête (séquence bloguage vérité), je me suis lancé dans NaNoWriMo cet automne pour repousser ce moment de vérité.

J’avais raison d’avoir peur. Permettez-moi d’étaler devant vous les clichés de la police scientifique.

— J’ai quelque chose à dire à l’assemblée, annonça-t-il en fappant le sol du mnanch ede sa masse XXCHECKXX. Silence !

Frustrée de s’être fait voler l’initiative, Hildegred voulut protester, mais mon onccle lui lança un regard qui la fit taiure.

— Je tiens à précioser quelque chose avant que le défis ne soient lancés. Mon neveu Sven Raknarsson appartient à la maison royale, dont je suis le plus ardent défenseur. Et je considérerai comme un affront pêrsonnel qu’on lui retrie sa chance de remplir sa destinée. Je sais qu’il a l’étoffe d’un vrai capitaine, et sans doute d’un jral puissant. La vie a fait que, malgré son âge, il n’a pas reçu les bases de l’entraînement que tout guerrier viking se doit d’avoir. Un fuel maintenant serait injuste. Je suis sûr que le roi Olaf est de mon avis.

Si vous êtes comme moi, vous avez frémi d’horreur devant ces mots démembrés, ces phrases éventrées, ces encres vitales coagulées en éclaboussures sur les murs. Ne vous en faites pas, on s’endurcit avec le temps. Moi aussi j’ai vomi la première fois.

Puis, avec mon masque et mes gants en latex, j’ai entrepris l’autopsie de mon manuscrit et j’ai fait une découverte. Tenez-vous bien :  je crois que je peux le ramener à la vie ! Il n’est pas si mal en point, à vrai dire. Avec pas mal de travail sur le squelette et beaucoup de chirurgie reconstructrice, il arrivera peut-être même à marcher un jour. Et qui sait, si les Dieux de l’Édition le veulent, il pourra alors rêver d’une vie indépendante, loin de moi et de mon laboratoire.

Je ne dis pas qu’une ou deux ablations ne seront pas nécessaires. C’est pour le bien du patient, vous comprenez. Je vais devoir lui cloner quelques organes : une fin qui ne soit pas tuméfiée hors de proportion par la maladie d’Hollywood-Hadeubal et quelques appendices de la motivation un peu plus crédibles. J’ai repertorié son anatomie sur des fiches, et je connais en détail ses 61 scènes. Il ne me reste plus qu’à coller ça au mur et à établir un diagnostic détaillé. Je sais que le traitement découlera tout naturellement.

Mais je ne suis sans doute pas le seul à avoir des histoires d’horreur à raconter. Alors, mes chers confrères, confiez-moi sans crainte vos pires souvenirs d’interventions chirurgico-éditoriales.

Self, photo par Aimee Heart sur Flickr.