InSilico North par Liqueur Felix (Flickr et Second Life)

Ca faisait longtemps que je ne vous avais pas proposé un petit challenge. Cette fois-ci, nous plongeons dans la virtualité. Vous connaissez les règles :

  1. Regardez la photo ci-dessus.
  2. Inspirez un grand coup.
  3. Écrivez directement dans les commentaires ci-dessous.
  4. Vous avez cinq minutes.

Ne réfléchissez pas, ne revenez pas en arrière. Vous avez le droit de vous relire à l’issue des cinq minutes pour corriger vos fautes de frappe, mais n’effacez pas ce que vous avez écrit.

Photo par Liqueur Felix. A ceux d’entre vous qui visitent encore Second Life, je recommande fortement la sim d’Insilico, un bijou d’ambiance cyberpunk.

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29 Replies to “5 minutes et une photo : défi d’écriture

  1. ça a été difficile de slalomer entre les différents vaisseaux pour arriver à l’heure à mon rendez vous.
    Bay 6, un entrepôt qui ressemble vaguement à ce genre d’endroits ou les adultes en manque de tendresse vont à leurs heures perdues entre leurs boulots ingrats dans une méga corporation sordide et leur famille ingrate.
    Mon contact est un simple hologramme de classe 7 et se prénomme Michelle, elle est accompagné d’un programme de protection standard, la routine quoi…
    Bon jolie demoiselle, si maintenant vous me disiez pourquoi Google Inc veut faire appel aux services d’un professionnel tel que moi?

  2. La collection 2236, présentée simultanément à Milan, Néo-Paris, et Shenzhou par seuil transmat, est un mélange d’audace et de tradition.

    On notera le retour des chignons pointus aux couleurs iridescentes et des prothèses de jambe de type « animestyle ». Épaules nues et manches longues se combinent harmonieusement avec les pseudojupes. qui peuvent également servir d’écrans flexibles.

    Pour les messieurs, c’est la skinsuit avec dataport frontal qui prédomine, le menton restant caché derrière les biofiltres.

  3. John Carter – Que pouvez-vous nous dire à propos de cet InstaVisu?

    Mia – Nous nous rappellons parfaitement cet instant. Il est très émouvant pour Nous de nous le rappeler… Nous nous demandons comment diable vous avez pu mettre la main dessus…

    John Carter – (rires)

    Mia – Notre premier Incarna. Nous n’étions pas très beau à cette époque. Nous détestons toujours cette époque juvénile. Nous détestons tout de Nous sur cet InstaVisu… Aujourd’hui encore, nous nous questionnons sur Nos choix de l’époque: le choix du sexe – par exemple -, le choix du look aussi: un vrai look TechnoPute… C’était Nous… mais un Nous qui Nous semble si lointain…

    John Carter – Vous souvenez-vous de la personne qui se tient derrière vous?

    Mia – Oui. Enfin, Nous pensons. Laissez-nous réfléchir… Pouvons-nous avoir un agrandissement?… Merci… Oui. 6-KA.01 juste quelques digi-semaines avant son Ascension…

    John Carter – Eil et vous étiez très liés…

    Mia – Oui. Nous pouvons dire cela ainsi… Je pense.

    John Carter – Avez-vous de ses nouvelles?

    Mia – Non… personne n’en a depuis son Ascension.

    John Carter – Croyez-vous aux miracles?

  4. – C’est la première fois que vous venez, je me trompe ?
    – Non.
    – A chaque fois c’est pareil : les nouvelles clientes se questionnent beaucoup, elles imaginent plein de chose, mais ce n’est pas si terrible ; bien au contraire.
    – J’imagine.
    – Ne vous inquiétez pas. Retirez votre armure.
    La soldate ôte son heaume et s’arrête. Elle contemple la femme qu’elle vient de louer.
    – Vous m’avez choisie pour mon cul ? demande la prostituée. Beaucoup l’apprécie. Il est rond, charnu, bien fait. Beaucoup aimerait avoir le même.
    – C’est vrai.
    – Vous avez pris la totale, c’est bien ça ? Caresses, langue et pénétration mutuelle.
    Dans son armure, la soldate rougit. La honte de la première passe. Ca la rend touchante.
    Bay 6 en sourit.
    – Laissez-moi faire. En tant que clone sexuel, je vais vous faire découvrir un plaisir dont vous ignorez tout.

  5. — Lara ? Tu fais quoi ?
    — Ça s’entend, non ? Je mange des chips.
    — Mais bien sûr… Sérieux, tu fais quoi ?
    — Hé bé passe donc un peu le champ de force, tu verras bien.

    C’est qu’elle me prendrait pour une truffe, en plus ! Elle le sait pourtant, ma Lara, Lara jolie, Lara chipie, que je déteste ces fichus champs de force… Ce n’est tout de même pas parce qu’elle se trouve pile-poil de l’autre côté qu’il faudrait que je la suive. Ah ben non. Faudrait voir à pas pousser Mémé dans les orties. Surtout qu’aujourd’hui, Mémé sort de chez le modiste, où elle a récupéré son nouveau chapeau qui lui a coûté un bras et une jambe (que même Edward Elric a l’air entier à côté).
    Bon.
    C’est Lara, quand même. Et puis ça m’inquiète, de ne plus l’entendre. Ça ne lui ressemble tellement pas de se taire plus d’une minute trente !
    Qu’est-ce qu’elle a trouvé, dans ce compartiment ?

    Allez, Thaïg, un peu de courage : c’est tout sauf la mer à boire. Rien qu’une sensation qui picote, qui fait courir des frissons électriques de haut en bas et en sinusoïdes qui se croisent. La plupart des gens s’en tamponnent. Je n’y peux rien, moi, si ça entre en résonance dans mes vertèbres et si j’ai le souffle coupé pendant plusieurs secondes après !
    On y va.
    Frisson, picotements. Presque la nausée. Et puis derrière, un compartiment à la déco sobre, plongé dans la pénombre. Je fais de mon mieux pour garder ma dignité, avec un succès tout relatif vu le regard moqueur que me lance Lara.

    — Ben alors ? bafouillé-je tant bien que mal. Tu faisais quoi, finalement ?
    — Moi ? Rien. J’avais juste parié avec moi-même que je te ferais franchir ce champ de force.

    Ah, Lara chérie, Lara furie, si ce n’était pas toi…

  6. « Je l’attends encore cinq minutes et puis je me barre. On avait bien dit Bay 6 ? » La techno-pouffe jeta un énième regard sur le chrome luisant et photoshoppé des murs de la ville. Sur l’autoroute du futur, les techno-chauffards faisaient les kékés en jetant des regards furtifs depuis leurs lunettes teintées holo-lol.
    « On avait bien dit Bay 6 ? »

  7. – Tu te souviens ?
    – De quoi ?
    – De 2011. On avait 16 ans et on se battait avec nos parents pour notre forfait portable. On n’est que 10 ans plus tard, et ça me paraît déjà ridicule.
    – C’est sûr que nos problèmes ne sont plus les mêmes.
    – Plus les mêmes ? C’est quand la dernière fois que tu as eu à demander quelque chose à un être humain ?
    – Moi ? Ben, à toi, il y a cinq minutes.
    – Rahh, fais pas le malin, t’es une IA, c’est normal que tu sois là pour me servir.
    – Donc, ta question, elle veut dire « depuis combien de temps n’ai-je pas parlé à un autre être humain » ? Tu le sais très bien : tu es connectée depuis 6 ans. Donc, 6 ans.
    – 6 ans… En même temps, si j’en avais un devant moi, je ne saurais pas quoi lui dire. D’ailleurs, ils sont peut-être tous morts…

    5 min, se lancer sans idée, ça donne une idée de la bouillie qu’on peut produire. Pas d’éclair de génie sur ce coup-là, mais l’exercice est toujours intéressant !

  8. – T’es vraiment obligé de te saper comme ça ?
    – Ta gueule, Ulga, tu connais rien à la mode.

    Ulga en avait ras le bol de traîner dans le virtuplexe avec cette nana qui comprenait rien au jeu. C’était pas le look qui importait, c’était les buffs. Tout le monde faisait passer son interface en mode filaire dès que ça chauffait. Alors les reflets haute-def de sa jupe en vynil, ils passaient à côté.

    – Le jeu, c’est pas juste faire des points en dérezzant des noobs, poursuivit Casse/4ndra. C’est aussi le staïle. Pense au screenshot qui fera la une de Warblog. Faut les faire bander les gamins, sinon les paris baissent et les V-euros disparaissent de mon compte.
    – Si tu te stuffais pas comme une pouffe, t’aurais pas besoin de tant de thune. Regarde-moi, j’ai des stats de la mort et j’ai pas dépensé plus de douze millions cette année.
    – Oh, mais je te regarde plus que tu crois. J’ai reconfiguré mon interface pour voir mon avat à la place du tien.

    Ugo resta sans voix. La vanité de Casse/4ndra ne connaissait pas de limites.

    – Tu crois pas qu’avec ce que me coûte ce corps, je vais être la seule meuf du plexe à pas en profiter ?

  9. Belle créativité tout le monde ! Chapeau.

    Perso même après vous avoir lus, je suis resté collé au thème monde virtuel et jeux vidéo. Meh. En plus j’ai semi-triché : comme j’étais pas connecté en écrivant mon défi, je me suis permis d’en écrire un deuxième tellement le premier me semblait mou.

    Il faut vraiment que je fasse plus de défis dans ce genre pour pouvoir vous piquer des idées plus souvent.

    • J’ai semi-triché aussi : n’ayant pas fini au bout de cinq minutes, j’ai terminé mon texte quand même, ce qui m’a pris une minute de plus (à quelques secondes près).

  10. Se tenir immobile devant les portes du Bay-6, la cyberdisco à la mode lui avait fait songé à son premier flirt avec un cybernète. La première fois qu’elle s’était laissée charmer par ces boîtes de conserve. D’aucun dirait que leur programme « romance » n’était rien comparé à une véritable conversation avec un homme, un vrai, un type qui vous voulait vous. Mais elle s’était fait bernée, comme toutes les autres. Elle y avait cru, elle avait mordu à l’hameçon.
    Cette clarté crue, dispensée aux abords de la disco, la fit replonger dans les optiques couleur d’étoile du cybernète qui avait eut finalement raison de son coeur.
    Ils avaient beau être des machines, elle n’en avait pas été pour le moins insensible à son charme. Dieu qu’elle le regrettait à présent. Mais lorsqu’on y avait goûté, on ne pouvait y résister ; créant cette addiction pernicieuse. Addiction qui touchait toutes les castes, même les mutants polymorphes.
    Oh, grand dieu, les cybernètes étaient incroyablement doués.

  11. – « Voici ce qu’il s’est déroulé mon amiral. A 7h46 précise, la Chose a pénétré le pont de débarquement Bay 6. A 10H précise, le vaisseau Hongtour a cessé d’émettre des informations à l’égard de la flotte et a explosé. Nous avons analysés toutes les images que nous ont transmis les ordinateurs de bord du vaisseau, et il a fallu plusieurs heures à nos ingénieurs et nos mentalistes pour parvenir à cette image que voici. Les Choses ont trouvé un moyen d’infiltrer nos vaisseaux par le biais de projections très réalistes. La femme au premier plan n’existe pas réellement. Elle n’est qu’une projection de la Chose se trouvant à l’arrière plan. Tous nos sens sont abusés, pire encore, toutes nos machines, tous nos senseurs sont dépassés par cette illusion. A l’aide de multiples filtres et de techniques toutes plus alambiquées les unes que les autres, nous sommes parvenus à suivre le chemin pris par la Chose. Elle a tué tout le monde jusqu’à ce qu’elle arrive dans la salle des machines et y pose un explosif, puis qu’elle aille à la salle contenant nos explosifs. De là, elle n’a laissé aucune chance à qui que ce soit.
    C’est un véritable coup que nous venons de subir. Mais malgré cet échec retentissant, un espoir subsiste. Nous pouvons désormais repérer ces Choses! Ils ne pourront plus abuser nos machines. Les filtres ont été incorporés par défaut à nos procédures de détection. Plus possible pour ces Choses d’entrer dans le moindre espace du vaisseau sans qu’elles ne soient repérées aussitôt. »

    L’amiral sourit à son subordonné. Au même instant, ce dernier remarque, un mouvement dans son dos. Lorsque la lame traverse son torse, en déchiquetant son coeur au passage, il comprend que la flotte est perdue…

    • CHIOTTE!
      Mon premier texte était plus percutant, plus « jouissif »! Mais v’là t’y pas que l’blog me dit qu’j’ai pas entrées mes données :(
      Couillon que je suis :(

  12. – Tu penses qu’on va réussir à les abuser avec ces costumes?
    – Bien sûr, ce sont des hommes avant tout…
    – Oui,mais malgré leurs pêchés, ils ont fait vœu d’abstinence.
    – Bon écoute, notre mission consiste à appréhender un criminel. Tu es testée sur cette mission et tu n’as pas le droit de faillir. Mais si tu as peur, tu peux très bien retourner sur le vaisseau et dire à nos soeurs que ta foi n’est pas assez forte pour t’empêcher de douter.
    – Non. C’est bon, c’est juste que mon arme me gêne avec des habits si courts…

    Les deux femmes arrivent à Bay 6, la porte qui donne sur les rangées de confessionnals. Elles recherchent le père Frédérik, connu pour ses goûts prononcés pour les prostituées vêtues court et coloré.
    Elles avancent dans les couloirs, prêtes à jurer devant les Dieux qu’elles ont fauté. Elles, les soeurs de l’inquisition. Une sororité dédiée à la justice divine. Sous l’égide du pape et de la papesse, elles traquent sans pitié le moindre frère ayant pêché.

    • Exactement ! C’est ni un concours ni un véritable exercice, juste une raison de ce faire plaisir, de se dégourdir les neurones et les doigts.

    • Tu veux dire que tu as écrit trois textes au total ? Je m’incline devant tant d’inspiration ! =)

    • Bah z’inquiétez pas non plus. J’prends pas ça au sérieux hein!

      Pour c’qu’est d’l’inspi, chef, j’rêve d’écrire et j’arrive pas à m’organiser, donc tes p’tits challenges j’aime :)

  13. Bay 6. C’était le nom du bar. Elle avait rendez vous avec son contact. Le bar donnait juste sur le terminal et elle s’attendait à y trouver la faune bigarrée venue des quatre coins de l’Oecumène. D’autant que les portails de transfert vomissaient tous les jours des torrents de voyageurs venue des quatre coins de la galaxie humaine.
    Eh bien nom. En la comptant ils étaient trois dans ce bar. Ses seules compagnons étaient une Néo Zoulou venue de la planète Shaka et le barman dissimulé derrière un hologramme lumineux. La Néo Zoulou ne devait être qu’une voyageuse en transit. Elle s’approcha du barman et lui murmura :
    – Vous avez quelque chose pour moi. Code noir et bleu.
    C’était le mot de passe.
    L’homme mit la main sous le comptoir et sortit un paquet qu’il remis à la jeune femme. Du café.
    Pourquoi avait elle donc immigré dans le seul monde de l’Oecumène où la vente de café était assimilé à un délit.

  14. Inspi venue suite à une discussion avec un ami ce matin.

    —–

    Jean-daniel regardait le screenshot de Space Fashion, le dernier jeu d’OperaCorp. La bouche en cul de poule et les lunettes relevés, il scrutait scrupuleusement les moindres détails de l’image d’un air connaisseur. Tout y était. D’abord la gonzesse devant. Microjupe ras-la salle de jeu, chaussures à talon genoux rentré, style petit fille, cyberboobs chromés, contre plongée pour allonger les hambes et air surprise. Potentiel accroche-mâle maximum, la cyberpute était ok. Il eut plus de mal avec le deuxième sujet. Il fallait un contrepoint, la première était un ange, il avait besoin d’un démon. Enfin disons une autre pute, mais dans un autre style. La Combi noire en latex ça marchait à tous les coups, la pose aguicheuse aussi. Même pas besoin d’aller plus loin, Jean-daniel savait qu’il avait affaire à des professionnels qui ne laissait rien au hasard. Ce genre de personnage allait plaire. On enrobe le tout dans de la science-fiction a deux balles. On rajoute des noms bidons, des sigles à la con et surtout du bloom partout. Faudrait pas qu’on voit trop les détails non plus.
    Jean-daniel décrocha son téléphone.
    – Jean-louis ? C’est ok pour moi. Tout est bon. Les éléments visuels sont parfaits, la recette est respectée.
    Une seconde après il éclata de rire puis raccrocha.
    Jean-louis lui avait demandé un scénario. Quel blagueur celui-là.

    —-

  15. Rhô mais quel mauvais esprit, Orlanth ! Suggèrerais-tu que l’industrie du jeu vidéo se fout de notre gueule collective ?

    Fabien, je vois que tu envisages un futur très sombre. Le café interdit, j’en frissonne (dit-il en sifflant son deuxième espresso).

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