J’en suis à mon septième jour de diète de réseaux sociaux et j’avoue que vous me manquez, tous autant que vous êtes. Pour ne rien arranger, je suis dans un forme infra-olympique qui m’empêche de travailler sérieusement et j’ai besoin qu’on me distraie. L’occasion idéale pour un petit défi d’écriture ! Si vous ne vous souvenez pas des règles (après à peine deux ans, honte à vous !) les voici à nouveau :

  1. Regardez la photo ci-dessus.
  2. Buvez une gorgée de café.
  3. Écrivez directement dans les commentaires ci-dessous.
  4. Vous avez cinq minutes.

Ne réfléchissez pas, ne revenez pas en arrière, ne réécrivez rien. Vous pouvez vous relire à l’issue des cinq minutes pour corriger vos fautes de frappe, mais n’effacez pas ce que vous avez écrit.

Personne ne jugera votre écriture ou vos idées, alors lâchez vous. Prenez ça comme un exercice, ou bien une pause dans ce que vous êtiez en train de faire. Allez, à vos claviers !

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23 Replies to “5 minutes et une image : défi d’écriture

  1. Ils étaient cent mille, ou peut-être un million. Tous uniques, tous pareils. Difficile à dire. Le souvenir me fait défaut, un peu comme tous les autres, après ce qui s’est passé. Le gaz, les radiations, je ne sais plus lequel m’a le plus endommagé le cerveau. Maintenant que vous me montrez cette image, je n’ai qu’une certitude : ce qui a fait de moi ce demi-humain que vous voyez, eux tentaient d’y échapper. D’où la fuite. D’où les masques. À cette distance, les oculaires paraissent opaques, mais moi, je vous jure que je vois leurs yeux à travers. Des yeux pleins d’espoir, surtout chez les plus jeunes. Celui avec le vélo me dit quelque chose. Je crois que c’était mon cousin. Peut-être. Ou pas, fichu cerveau en marmelade !
    Quoi, les drapeaux ? Ce sont des bannières, bien sûr ! Il doit même y avoir quelques totems qui traînent. Toutes les compagnies étaient rassemblées ce jour-là, et sur une vieille photo en noir et blanc, moi, un des plus touchés parmi les survivants, je devrais vous dire lesquelles figuraient sur l’image ?
    Eh bien non. Je n’en sais rien. J’avais même réussi à l’oublier, avant votre fâcheuse intervention.
    Le jour où le monde éradiqua les scouts.

  2. Tous me regardèrent alors. Fixement. A travers leurs deux ouvertures rondes. Sans proférer d’autre son qu’une rumeur étouffée par le cuir de leur masque.
    — Et alors, clamai-je, vous n’avez jamais vu un borgne ?

  3. 3 juin 1940
    Et nous voici une nouvelle fois sur la route. La dernière fois nous avions nos plus beaux habits et avions été envoyé ici par le train. C’était en septembre 1939, plus de civil dans Londres avait été le mot d’ordre. Avec de belles affiches dans le métro : un soldat expliquant à un petit garçon déguisé en militaire : « Laisse nous ce travail fiston ».

    Et alors que nous étions désormais tous à la campagne, voilà qu’on nous demande à nouveau de bouger. Cette fois vite, et avec chacun son masque à gaz. Ils nous les ont distribuer lors de l’appel, avant le départ.

    Là c’est la pause, ou la pose vu que le Pasteur tient absolument à faire une photo. Clair qu’il vaut mieux la faire maintenant, alors que nous sommes à peine partit, encore en forme et enthousiastes quand à cette nouvelle aventure.

    Je dis nous, mais personnellement j’ai trop peur pour me réjouir… J’ai entendu les adultes discuter entre eux. S’ils nous font bouger, c’est que les Renseignements ont eu vent d’un débarquement, et la côte n’est qu’à quelques miles du Centre…

    Pourquoi n’ai-je pas été envoyé avec mon cousin au Pays de Galle, je suis sûr qu’il n’a pas ce problème. Et pourquoi le Pasteur met ils tant de temps à prendre la photo… S’ils débarquent, ou s’ils bombardent en prévision du débarquement, on va être en plein dedans…
    Ouf… Nous repartons. Avec de la chance, je pourrais continuer à remplir ce journal.

  4. Lorsque la guerre a été déclarée et que les morts sont tombés de chaque côté des frontières, nous avons su que c’était la fin. Ni nous ni nos voisins n’aurions accepté de perdre la face. Pas une troisième fois. Les deux premières guerres avaient été meurtrières. Depuis nous étions devenus amis, mais il a suffit d’une étincelle, d’un désaccord au départ minime pour que tout éclate. Nos dirigeants étaient alliés, nos enfants parlaient nos deux langues, mais les anciens continuaient de raconter les horreurs de la guerre. Les médias ne pouvaient s’empêcher de revisiter l’histoire, de sortir des dossiers étranges, des vérités qu’il aurait mieux valu taire… Même après ce qu’il s’est passé, les gens continuent d’être comme il l’étaient avant. Personne ne changerait d’opinion maintenant que tout est sur le point de finir.
    Ils ont inventé une arme affreuse, qu’ils aient inventé ou qu’ils l’aient invoqué, personne n’est en mesure de le dire. Seulement, c’est une arme qui a transformé des champs de batailles en ruines désolées et qui a tué des soldats par milliers, chez eux comme chez nous. Désormais, lorsque sonne le retrait ou lorsqu’un avion est abattu au dessus de nos lignes, une alerte résonne dans les villes et les campagnes et l’exode recommence. Il paraît que même de l’autre côté les civils font la la même chose.
    Leur arme meurtrière est incompréhensible. Tout ce que nous en savons c’est qu’elle tue toute personne la regardant en face. Quiconque a le visage à l’air libre, quiconque ne porte ni verres protecteurs ni respirateur est morte à l’instant même où son regard tombe sur l’arme. C’est la raison pour laquelle nous portons désormais tous des masques à gaz. Pour éviter que l’arme ne nous tue. Pour nous assurer que nous sommes bien encore en vie. Certains disent qu’elle pourrait se permettre de marcher à visage couvert, sous un masque comme nous. Mais qui voudrait croire à cela? Qui accepterait de croire que tout cela n’aurait aucun sens? Pas nous.
    Nous, nous sommes l’Exode. Nous, nous avons perdu nos familles et nos chaumières dès le début des combats. C’est nos enfants qui, les premiers, ont su comment lutter contre l’arme. C’est nos enfants qui sont sa cible privilégiée. Pourtant, ils résistent, ils nous donnent l’espoir…
    Ils luttent chaque jour, masqués et courageux, enthousiaste ou insouciants.
    Ils sont notre avenir.
    Aujourd’hui, nous enterrons leur maîtresse. Ils la pleureront à visage masqué, mais chacun image les traits de son voisin. Nous savons tous que la communauté perd l’une de ses principales sources d’espoir…
    La photo que je vous montre, c’est celle de notre communauté. Une communauté qui a la rage et qui désire plus que tout que cesse la guerre et que les jours heureux reviennent. Mais une communauté prêt à combattre jusqu’à la mort pour que la guerre cesse d’arracher des vies dans les campagnes et les villes qui constituent le coeur de notre pays…

  5. Ca passe au travers des filtres, au travers des cotes épaisses dont on s’enveloppe. La moindre parcelle de peau laissée à l’air libre rougit aussitôt. Bientôt ça va peler, puis saigner. Que l’on se gratte ou pas ça finira par saigner, les cheveux entre les sangles en caoutchouc vont tomber par poignées. Les masques servent à rien.
    Pourtant on marche. En rang, vers la mort, sans but que de fuir le cratère. On sait trop bien que c’est vide de sens. Les cartouches ne suffiront pas et alors on étouffera. Dans la boue, comme des chiens, par centaines.
    Derrière, dans la horde qui avance en procession, il y a mes parents. Ils marchent plus lentement. Les poumons de ma mère sont fragiles. Elles crèvera bien avant moi. A quoi bon l’attendre…

    Bon 6 minutes en fait.
    Sympa comme exercice.

  6. Les adultes ont failli. La guerre est finie, ils sont presque tous morts; seules les mères et leurs enfants survivent – si on peut qualifier de survie une errance sans fin dans un brouillard mortel.

    Certains disent qu’un jour, on entendra les oiseaux chanter et que cette fois, c’est sûr, c’est la der des der.

    Les plus réalistes en doutent.

  7. Il y a de la qualité cette fois-ci dites-donc. Merci à tous, j’espère que l’exercice vous a plu.

    • T’as traîné pour le relancer. Honte à toi.
      T’as intérêt à relancer ça plus souvent :p

    • C’est pas ma faute… Euh, en fait si =]

      J’ai une collection de photos prévues spécialement pour ça, donc je n’ai plus d’excuses.

  8. Le monde a disparu dans une détonation assourdissante. Le soleil est mort. Les galaxies ont péris. La vie a quitté cet univers.
    Quelques instants plus tard, nous sommes tous réapparus là, à l’orée de cette forêt, masqués, perdus, sans monde, sans but. Puis l’espoir est revenu lorsqu’une petite camionnette a crevé la foule avec à son bord un homme masqué comme nous tous. La liesse nous a submergé et nous avions la certitude que, même si notre monde n’existait plus, nous étions bien vivants et prêts à donner une nouvelle tournure à nos existences.

  9. Et si ces crétins de fridolins croyaient que leurs bombardements de gaz moutarde depuis leurs maudits zeppelins allaient empêcher la tenue de la grande randonnée britannique cette année, ils se mettent le casque à pointe dans l’oeil !

    Brittania Rules !

    Keep calm and carry on.

    (C’était un communiqué du Secrétariat d’Etat à l’Information)

    • J’aime beaucoup l’idée de ce texte Etienne!
      Y a matière à faire un truc bien sympathique en à peine plus de lignes!

    • C’est très gentil comme remarque, Lesendar, sauf que
      1) Je n’ai plus aucune envie d’écrire. Là, c’était une micro-rechute ;-)
      2) j’ai dit tout ce que j’avais à dire et je ne vois pas quoi ajouter.

      Cela dit, si tu en as l’inspiration et l’envie, reprends ce texte et fais-en ce que bon te semble !

    • C’est pas pour rajouter des choses, mais juste sur le style^^
      Y a un mélange « bizarre » de styles et d’infos.
      C’est pas un reproche ou quoi et j’comprends bien qu’t’aies pas envie de te prendre le chou. Du coup, garde que le « J’aime beaucoup l’idée de ce texte Etienne! » Le reste, ne le lis pas^^

  10. Je me rappelle de cette photo.
    Comme le temps était au beau, nous avions décidé de faire un pique-nique et ce fut une belle journée.
    Papa et Maman sont au premier plan, Maman porte sa casquette fétiche, Papa est en combinaison de travail et moi je suis devant ( avec le béret !). Mes frères et mes soeurs sont aussi présents.

  11. Les rassemblements de la Famille Agaze ont toujours été particuliers. Tous sont membres d’une unité scoute, l’ISU, et ils aiment revêtir les strapontins de leur sous-unité pour le rassemblement familial. Bien sûr, quand on vit sur une planète hostile, le sens de la famille s’élargit quelque peu par rapport à nos standards modernes. Vivre dans un environnement toxique, ne pouvoir absorber que de l’eau trois fois purifiée, ne manger que des légumes cultivés tels des trésors hydroponiques, cela crée des liens. Et un sens de la communauté. Enfin, après quatre générations de mariages entre membres des dix familles de pionniers, la quatrième génération va devoir presque adopter le mariage consanguin si elle veut survivre. Toujours est-il que l’entrain des premiers jours, des premiers espoirs et des rêves de réussite est encore présent. Et quel plus beau symbole pour le prouver que ces rassemblement de la grande famille de l’Interplanetary Scouting Union!

  12. Regarde cette photo, regarde la bien… On l’a prise le 3ème jour de la Longue Exode. Après que les Autres aient profité de la Guerre pour déverser leur poison sur l’Europe et décimer la population adulte par surprise. Les enfants épargnés par la Fièvre Pourpre avaient été rassemblés et dirigés vers Gibraltar…
    Ca fait 20ans maintenant qu’on est là, dans les Colonies : ils ont recueilli ton père et ta mère, et leur ont donné un foyer…
    Mais demain nous retournons chez nous : les Autres ont quitté l’Europe, ils l’ont officialisé ce matin. Nous ne savons pas ce qu’ils sont venu faire chez nous, ni s’ils reviendront un jour.
    C’est pour ça que nous ne devons jamais oublier. Et c’est pour ça qu’on t’offre ton premier Masque aujourd’hui : porte le fièrement.

    (zut, 15minutes, ça passe trop vite !)

  13. Ils étaient des milliers devant le monument aux morts de la Dernière. Tous étaient prêts pour la Prochaine. En silence, l’avenir contemplait le passé. La pluie, jaune et acide, tomberait bientôt. Mais quelle importance ? Les masques avaient été livrés à temps. De toute façon, d’après l’Etat-major, de nouvelles armes allaient reléguer les gaz au rayon des antiquités, aux côtés de l’arbalète. L’ennemi, qui avait travaillé en silence pendant des années, était d’accord, et il avait pris une très légère avance, suffisante pour que cinq minutes après que j’aie pris cette photo, il ne reste rien, ni du cortège, ni de la forêt, ni du monument.

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