Et alors il en est où de son bouquin ?

Pas la peine de faire les innocents, je sais que vous vous posez tous la question. Je vous vois, dans les pubs et les cafés, sur les marchés et dans les ports, les yeux hantés par l’incertitude, demander à la ronde si quelqu’un a des nouvelles. Croyez pas que j’ai pas saisi votre manège. Vous essayez de me pousser à finir plus vite pour pouvoir enfin mettre vos mains avides sur le fruit de mon labeur ! Mais je ne mange pas de ce pain là, moi madame.

Je compte bien vous livrer de la première qualité, sans fautes de frappe ni tournures ringardes. Avec le bon dosage d’Aventure, d’Exotisme et de Pirates Zombies Sauce Runepunk. Je suerai sang et eau sur chaque chapitre, je me briserai le dos sur chaque page, mais quand j’aurai fini, vous en aurez pour vos euros, foi de moi !

En clair, vous l’aurez compris, je rame. Je rame comme jamais. J’ai passé sept jours à faire des corrections à la main sur le manuscrit papier, et au moment de tout entrer dans le fichier, je me retrouve dans une trirème surchargée qui navigue à vue en pleine purée de pois. C’est long. C’est extrêmement long. Non seulement la transcription prend du temps, mais j’essaie de gérer en même temps les multiples petites bidouilles nécessaires pour rendre l’ensemble cohérent – des allusions, de petites scènes manquantes, etc. Après trois jours un peu mous, la motivation est revenue – la semaine prochaine, je me colle dans une mine de sel : si je fais 30 pages par jour, je peux avoir bouclé mon deuxième jet vendredi soir.

Envoyez-moi du chocolat, je vais en avoir besoin.